La Catalogne: l’enlisement...

Le problème catalan est créé de toutes pièces par l’idéologie démocratique moderne et il s’enlise pour la même raison: invoquer la volonté populaire pour la naissance d’un Etat souverain ne saurait être admissible dans la situation actuelle de l’Espagne. Celle-ci est elle-même une démocratie et cette démocratie a, comme toutes les autres en Europe, une constitution. Quel titre à l’indépendance et à la pleine souveraineté aurait donc une province sur notre continent si, pour obtenir et justifier cette revendication, cette province commençait par faire violence à la charte fondamentale à laquelle elle est elle-même soumise?

Une telle contradiction serait insurmontable et c’est sans doute la raison pour laquelle l’Europe entière demeure silencieuse sur la question. Un Etat souverain ne saurait naître d’un acte arbitraire initial et fondateur.

Certes, il y a des degrés d’autonomie en deçà de la pleine souveraineté et la Catalogne en bénéficie…

L’histoire a très certainement sa raison d’être en cas de conquête précaire. C’était peut-être le cas de l’Algérie, majoritairement musulmane, et dont le fondateur de la Ve République en France ne voulait pas, précisément pour ce motif, jamais énoncé publiquement mais néanmoins très réel dans sa pensée et dans son action politique. La géographie a également un rôle: si le Liechtenstein avait eu une frontière commune avec la Confédération germanique unifiée par la Prusse, il y aurait été intégré très certainement. Sa famille régnante résidait d’ailleurs en Bohême, où la superficie de ses terres était même supérieure à celle de son Etat actuel! Il s’agit de l’unique Etat du Saint Empire subsistant actuellement.

Les liens du Valais avec les Confédérés étaient suffisamment constants pour qu’en 1815 les Alliés, après la chute définitive de Napoléon, invitent son gouvernement à rallier la Confédération helvétique. C’était la voix du bon sens. Qui, aujourd’hui, songerait à la souveraineté du Bas-Valais sous prétexte que celui-ci fut, comme d’ailleurs tous les territoires latins de la Confédération, un pays sujet? La République de Genève n’était qu’un pays allié des Confédérés, comme le Valais.

Tout ceci pour dire que le problème catalan n’est ni un problème politique ni véritablement un problème social. C’est un problème purement idéologique. Il manifeste l’une des nuisances majeures de l’esprit démocratique moderne: son idéologie anarchisante.

Michel de Preux

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