Les pauvres chéris

Horreur! Plus de 40% des jeunes Suisses auraient déjà reçu une claque de leurs parents1. Pire: 20% des tortionnaires ne considèrent pas qu’une gifle est un châtiment corporel et 12% seraient prêts à faire pire encore. On voit poindre la fessée et on en frémit.

Heureusement, une pétition a été lancée par l’association Non à la violence à l’encontre des enfants. Très bientôt, nos chers petits pourront agir comme bon leur semble sans risquer le moindre châtiment, puisque, selon les organisations de protection de l’enfance, «le droit des enfants à une éducation non violente» et «l’interdiction explicite des châtiments corporels et de la violence psychologique envers les enfants» devraient être inscrits dans le Code civil suisse.

Ainsi, les enfants suisses pourront faire toutes les bêtises qu’ils voudront, puisque les parents soucieux d’éduquer leurs enfants ne pourront plus ni les toucher ni les enguirlander, même en cas de grave provocation ou de comportement inapproprié ou dangereux.

Aucun de ces protecteurs de la jeunesse n’a jamais vu un enfant de près, je pense. Aucun n’a jamais réagi un peu trop fort après une grosse frayeur causée par un gosse imprudent. Aucun n’a jamais été excédé par la désobéissance répétée d’un rejeton.

Ou alors, ce sont d’heureux géniteurs, qui obtiennent tout et tout de suite par la persuasion et la douceur.

Ne pourrait-on pas opérer une distinction entre les parents qui battent leurs enfants sous l’effet de la drogue ou de l’alcool, ou simplement parce qu’ils sont des brutes, et ceux qui recourent à un châtiment corporel parce qu’ils ont épuisé toutes les autres ressources?

Faut-il vraiment priver les enfants de l’éducation dont ils ont besoin pour devenir des adultes capables de se prendre en charge?

Faut-il vraiment les sacrifier à une mode stupide et délétère?

M. P.

 

1 20 minutes du 13 novembre.

Thèmes associés: Société

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