Justice

Un paysan saint-gallois accusé d’avoir ajouté de l’eau au lait qu’il livrait à une fromagerie a été condamné à des jours-amendes avec sursis.

Si j’en crois mon quotidien gratuit habituel, «l’indélicat niait avoir lui-même trafiqué ses livraisons»1.

Malheureusement pour lui, «ses déclarations n’ont toutefois pas convaincu la procureure».

Cependant, cette dernière ne devait pas être trop sûre de son affaire, puisque, «faute de preuves accablantes», le condamné n’a été puni que de cent vingt jours-amendes à trente francs avec sursis.

On ne le répétera jamais assez: une preuve sert à établir la vérité au-delà de tout doute. Elle n’a pas à être accablante, évidente ou formelle. Elle existe ou elle n’existe pas. En l’occurrence, la magistrate s’est fondée sur sa conviction. Cependant, elle n’a pas été trop méchante, car on ne sait jamais. Le doute profite un tout petit peu à l’accusé quand même. Mais il faut le condamner malgré tout, même légèrement, car il est peut-être coupable.

Cette manière de procéder est lamentable.

La justice file du mauvais coton. Entre les condamnations fondées, faute de preuves, sur l’intime conviction des juges – qui, autant qu’on sache, sont sujets à l’erreur comme tout le monde – ou le principe selon lequel mieux vaut un innocent en prison qu’un coupable en liberté, l’arbitraire s’installe dans les tribunaux.

Il faut en revenir à l’acquittement faute de preuves et se convaincre de nouveau que mieux vaut un coupable en liberté qu’un innocent en prison.

M. P.

 

1 20 minutes du 6 décembre.

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