Sociologie de la tautologie

«Les groupes de marginaux qui se réunissent et boivent dans les centres-villes de Suisse sont essentiellement formés de jeunes hommes d'origine helvétique, selon une étude soutenue par le Fonds national suisse (FNS). (…) Bon nombre des personnes rencontrées présentaient un mauvais état de santé physique et psychique, poursuit le FNS. Outre la disponibilité de substances addictives, les principaux motifs invoqués pour expliquer l'appartenance à ces groupes de marginaux est le soutien moral et le bénéfice social. (…) L'enquête a été menée en 2008 auprès de 206 marginaux et plus de mille passants. Les chercheurs se sont penchés sur les villes de Berne, Coire, Lausanne, Yverdon-les-Bains (VD) et Zurich.»1

On le savait depuis longtemps, ils viennent de nous le rappeler: les «chercheurs» fédéraux se paient notre tête. N'importe qui, n'importe quel sot malvoyant et distrait, peut constater en cinq secondes que ces marginaux sont essentiellement des jeunes types de par ici et qu'ils sont tous en piètre état; une bande de guignols ont pourtant réussi à se faire payer par nos impôts pour nous l'expliquer – après s'être contentés d'interroger «mille passants» qui, en l'occurrence, auraient tout autant mérité le titre de «chercheur». Avec autant d'ébahissement, nous apprendrons bientôt que la pluie est plutôt mouillée, que les crayons rouges sont rarement bleus et que le soleil brille davantage la journée que la nuit. Vive la recherche scientifique!

Evidemment, les chercheurs qui ont mené cette enquête si approfondie sur les groupes de marginaux ont pris soin de ne pas pousser leurs investigations en direction des dealers qui grouillent alentour. Car les évidences qui leur auraient alors crevé les yeux auraient été beaucoup moins politiquement correctes et donc impubliables par le mal nommé Fonds national suisse.

Pollux

1 Communiqué ATS du 19 janvier 2010.

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