Déroute postale

CarPostal Suisse SA, filiale de La Poste Suisse, s’est paraît-il rempli les poches en volant septante-huit millions aux collectivités publiques1.

Diverses enquêtes sont en cours, des mesures ont été prises par la direction de La Poste, le directeur de CarPostal et son responsable des finances ont été démis de leurs fonctions, des réformes sont à l’étude. Bref, tout le monde s’agite.

Quand le scandale a été révélé par la presse, début février, Mme Susanne Ruoff, directrice de La Poste, qui a le grand tort d’être très, très, très, très bien payée, s’est trouvée tout naturellement dans le collimateur «d’une classe politique qui [découvrait] médusée cette affaire» – on se demande bien pourquoi l’Office fédéral des transports, qui enquêtait depuis des mois, n’avait pas jugé opportun d’informer cette pauvre classe politique.  

En gros, les politiciens médusés qui se sont exprimés devant les journalistes juste après l’éclatement du scandale ont jugé que si Mme Ruoff était au courant de l’affaire elle allait au-devant de gros ennuis; que si elle ignorait tout de l’affaire elle allait au-devant de gros ennuis.

Malhonnête ou incompétente, Mme Ruoff allait très probablement au-devant de gros ennuis.

Si ce qu’on nous raconte est vrai, le conseiller aux Etats Olivier Français a aussi pensé que Mme Ruoff devait aller au-devant de gros ennuis. Il s’est distingué dans la conclusion de sa prise de position: «Je ne demande la démission de personne, mais celle qui porte toute l’entreprise, c’est Susanne Ruoff.»

M. Français ne demande rien. Il suggère. C’est beaucoup plus poli.

M. P.

 

1 https://www.24heures.ch/suisse/scandale-carpostal-trembler-cheffe-poste/story/12040398.

Thèmes associés: Economie - Justice - Politique fédérale

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