Monnaie pleine

On sait que les banques créent de la monnaie scripturale en accordant à leurs clients des crédits d’un montant très supérieur à la monnaie dont elles disposent réellement. En somme, elles facturent à leurs clients des intérêts pour la mise à disposition fictive de montants qu’elles n’ont pas, en postulant que lesdits clients n’auront pas l’idée fâcheuse de passer au guichet ensemble le même vendredi matin pour opérer le retrait de leur avoir.

Cette monnaie créée par les banques commerciales porte le même nom que la vraie monnaie créée par la Banque nationale, alors même qu’elle n’est pas de même nature et qu’elle n’est garantie ni par des avoirs en or ni par d’autres actifs négociables. La monnaie scripturale repose sur du vent et sur la confiance du public, exactement comme les placements confiés à Bernard Madoff.

Pour se prémunir contre le risque d’éclatement de la bulle ainsi constituée, certains économistes plaident pour la «monnaie pleine», soit pour l’interdiction faite aux banques commerciales de créer de la monnaie scripturale libellée en francs, la création des francs étant strictement et exclusivement réservée à la Banque nationale.

L’initiative pour la monnaie pleine est empreinte de bon sens, mais n’a que peu de chances devant le peuple, car les citoyens n’y comprennent rien et l’idée sera vigoureusement combattue par les banques. Comme la plupart des parlementaires bourgeois sont membres du conseil d’administration d’une banque, l’initiative sera aussi combattue par les politiques.

Et c’est ainsi que les braves gens seront ruinés d’un jour à l’autre à la prochaine crise sérieuse.

Ils diront: «Comment est-ce possible?»

C. P.

Thèmes associés: Economie - Politique fédérale

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