L’affaire Broulis

Avec les pseudo-scandales Broulis et Moret, rarement la presse romande aura atteint un tel niveau dans la bassesse, l’abjection et la volonté de nuire. Il a suffi qu’un fouille-merde alémanique découvre que notre ministre des finances Pascal Broulis avait conservé son domicile principal à Sainte-Croix, la commune où il est né, où il a fait ses écoles, la commune où il possède une propriété et où il habite aussi souvent qu’il le peut, pour qu’on le soupçonne d’avoir inventé ce rattachement, alors qu’il travaille à Lausanne, pour des motifs d’optimisation fiscale.

Oh le vilain mot! L’optimisation fiscale a fort mauvaise presse dans les milieux gauchistes qui ne savent pas comment la pratiquer. Elle est souvent présentée comme une fraude fiscale légale, quoique honteusement immorale.

Mais qu’est-ce que l’optimisation fiscale? Etymologiquement (du latin optimus = le meilleur), c’est la méthode permettant d’obtenir une meilleure situation, d’accéder à un meilleur niveau. Et comme chacun devrait viser à ce qu’il y a de meilleur (meilleur revenu, meilleure santé, meilleure situation professionnelle, etc.) l’optimisation devrait logiquement être un but positif à atteindre.

Mais c’est compter sans la haine de la gauche contre tout ce qui dépasse la médiocrité moyenne dont elle est l’étendard. La haine des riches, des hommes virils, des femmes belles et désirables, la haine de la culture, de la performance, de la réussite scolaire, de la fierté de la race et de la civilisation…

«Puisqu’il y a des nains, faisons les portes basses.» Cette réduction aux mesures du lit de Procuste est l’idéal de la gauche égalitaire.

Le domicile d’une personne, en droit suisse, est l’endroit où elle réside avec l’intention de s’y établir. Cette définition, utile en droit civil, administratif et fiscal, comprend un volet objectif et un volet subjectif. Elle a donné lieu à de nombreux arrêts.

Peut-on supposer que M. Broulis, venu travailler à Lausanne, où il n’a nullement l’intention de s’établir après la fin de son dernier mandat, est resté néanmoins citoyen de Sainte-Croix, où il a conservé sa villa et ses amis? Certainement!

Peut-on supposer que M. Broulis, à cause précisément de cette affectio societatis, préfère que ses impôts principaux profitent à Sainte-Croix, petite commune vraisemblablement bien gérée, plutôt qu’à Lausanne, qui est (avec Vevey) la commune la plus mal gérée du canton, au point qu’elle aurait dû être depuis longtemps placée sous régie? C’est hautement probable!

Peut-on enfin supposer que M. Broulis, même s’il proteste vigoureusement contre toute volonté de sa part d’optimisation fiscale, est assez satisfait de payer moins à Sainte-Croix (qui utilisera sa contribution avec sagesse) qu’il n’aurait payé à Lausanne (qui dilapide l’argent public de façon purement scandaleuse)? Je suis tenté de le croire.

Finalement, much ado about nothing! Le quotidien gratuit 20 minutes du 6 mars relève: Alors que cette soi-disant «affaire Broulis» secoue la sphère politique, le contraste avec l’opinion publique est saisissant. Lorsque l’on interroge les passants à ce sujet, la plupart d’entre eux s’en moquent éperdument.

Voilà qui est assez rassurant, et qui illustre aussi le fossé qui sépare de plus en plus la population et ses supposés représentants dans les assemblées législatives.

Le pseudo-scandale Moret est encore plus grotesque, dans la mesure où les hyènes de la gauche ont essayé d’imputer à cette élue de droite les retards de l’administration fiscale dans la détermination de sa taxation définitive depuis une dizaine d’années. Vous verrez qu’au moment où les taxations définitives lui parviendront enfin, et si ses acomptes n’ont pas suffi à payer sa contribution, on lui facturera des intérêts de retard à 5% l’an!

Pendant ce temps, 340 millions sont distribués chaque année dans le canton au titre du revenu d’insertion (RI) à des allocataires dont la plupart sont impossibles à insérer dans le tissu économique pour cause d’alcoolisme, d’addiction aux stupéfiants, d’incompétence totale ou de paresse congénitale.

Claude Paschoud

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