Editorial

Madame Elise Perrier, co-rédactrice en chef avec M. Gilles Bourquin du mensuel Réformés, avoue que l’islam suscite des inquiétudes, que 38% des Suisses se sentent menacés par les musulmans et que «terrorisme, oppression des femmes et polygamie hantent l’imaginaire (sic) d’une partie de la population».

Mais ces Suisses-là sont pour Mme Perrier des survivants d’un âge révolu qu’elle considère, sinon avec mépris, du moins avec la condescendance affligée qu’on réserve au cousin handicapé mental.

Elle fait pour l’islam en Suisse, et c’est même le titre de son éditorial, le pari de l’intégration. Et comment va-t-elle s’y prendre? Par l’évangélisation et les conversions? Par un prosélytisme actif? Jamais de la vie!

C’est grâce à des cours de langue et de «notions de culture et de société suisses» que ces formations pourront contribuer «à une meilleure compréhension mutuelle sans franchir la ligne rouge de la laïcité».

Mais qu’est-ce encore que cette histoire de laïcité, qui semble transposée du droit français? La Constitution fédérale ne connaît pas la laïcité. Elle a été promulguée en 1848, puis en 1874 et en 1999 «au nom de Dieu Tout-Puissant», par quoi il faut entendre le Dieu des chrétiens et non Allah. Comme les rapports entre l’Eglise et l’Etat sont du ressort des cantons1 et que la Confédération et les cantons peuvent prendre des mesures propres à maintenir la paix entre les membres des diverses communautés religieuses, il faut aller scruter la Constitution de chaque canton pour y découvrir sa conception de la laïcité.

Dans le canton de Vaud, le canton de Neuchâtel et le canton du Jura, aucune trace de laïcité dans les Constitutions. A Genève, l’article 3 de la Constitution proclame que l’Etat de Genève est un Etat laïque. Une brochure expliquant le principe de laïcité à l’école ajoute: La laïcité exige la neutralité religieuse de l’Etat. Un Etat laïque s’abstient par conséquent de privilégier une communauté religieuse au détriment des autres – et s’astreint à l’égalité de traitement entre les divers cultes, les diverses confessions et les diverses options spirituelles que se partage sa population.

Cette différence d’attitude envers les confessions exotiques n’est pas anecdotique et n’est pas due uniquement à la courtoisie des hôteliers et des joailliers genevois envers les émirs fortunés des monarchies pétrolières. Il y a donc à Genève, et cela transparaît dans la rédaction de Réformés, une volonté claire de placer sur pied d’égalité les chrétiens, les juifs, les musulmans… et peut-être d’autres religions.

Mais l’islam doit-il être tenu pour une religion seulement? Certes non! L’islam est à la fois une religion, une organisation sociale, une législation, une philosophie, dont l’ensemble est totalement non soluble dans les Etats d’Europe occidentale. Malgré les auteurs de joyeux oxymores tels que islam modéré, ou islam progressiste, l’islam est le fer de lance d’une nation conquérante, virile et intransigeante.

Mme Elise Perrier fait le pari de l’intégration et démontre par là qu’elle n’a rien compris à l’islam.

Les musulmans n’ont aucune intention de s’intégrer. S’ils veulent bien apprendre la langue du canton où ils habitent, c’est par commodité pratique, en attendant le temps où l’islam aura conquis la totalité de l’Europe et où on pourra s’exprimer en arabe non seulement à la mosquée, mais partout.

Les migrants, comme on a maintenant coutume de nommer les vagues d’Africains et d’Asiatiques qui déferlent en Europe, musulmans pour la majorité d’entre eux, ne sont pas en quête d’un pays d’accueil où ils pourraient s’intégrer, dont ils pourraient apprendre la langue, les mœurs, le style de vie, l’organisation sociale et politique, mais d’un Etat où ils pourront rejoindre la colonie déjà présente de leur pays d’origine. C’est dans cette colonie qu’ils vont s’intégrer, en contribuant ainsi à aggraver l’apartheid volontairement créé et assumé.

L’Europe entre en agonie, mais elle en est inconsciente. Dans moins de vingt ans, elle sera submergée par l’islam et les réformés de Suisse romande en sont encore à faire au sujet des musulmans le pari de l’intégration: un cours de langue française pour les imams haineux et un cours d’histoire sociale et culturelle de l’islam à l’Université de Lausanne pour les futurs dhimmis. Tout va pour le mieux.

Nous entrons dans la phase terminale du cancer qui ronge la civilisation chrétienne, et le malade est serein, même joyeux!

Claude Paschoud

 

1 Art. 72 Cst.

Thèmes associés: Egalité, discriminations - Immigration - Religion

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