Les contradictions du christianisme

L’Eglise est-elle combattante ou pacifique? La foi doit-elle reposer sur l’exclusion de toute contradiction? Si Dieu est vérité, ce qui est vrai, l’homme doit-il se soumettre à Lui, en renonçant à son libre arbitre, sa personnalité et sa volonté propre?

La place nous manque ici pour aborder la question sous un angle purement théologique. Tout simplement, contentons-nous de retenir la complexité contradictoire et souvent énigmatique de la Parole de notre Sauveur, et mettons-la face à la notion de l’ennemi et à sa lente disparition!

L’homme d’aujourd’hui n’a plus d’ennemis, mais le Christ en avait. L’homme d’aujourd’hui est ouvert et tolérant par principe. Il n’exclut rien. Il n’aime pas les frontières, préfère les idées aux définitions et les généralisations aux distinctions des choses. Les chrétiens d’aujourd’hui pataugent souvent dans la même non-pensée vague et chaotique que cultivent les gauchistes-bobos et les adeptes des droits de l’homme. Or est-il vraiment inconcevable pour les chrétiens d’aujourd’hui de considérer leurs ennemis, car ils en ont, et de les combattre, au lieu de se contenter de les noyer dans le grand bain de la compréhension de l’Autre, de faire comme si le mal n’existait pas? Quoi qu’il en soit, la Bible nous enseigne autre chose que cet esprit mollasse. Si tout ce qui existe sur terre existe parce que Dieu l’a voulu, Il a aussi voulu que le mal existe, ce que Salomon a parfaitement compris: «Yahvé fit toute chose en vue d’une fin, et même le méchant pour le jour du malheur.» (Pr. 16, 4).

Force est de constater que l’esprit combatif et l’esprit pacifique coexistent au sein même de la foi chrétienne. Quelle est cette Eglise qui maintenant semble baisser les bras, conclure un pacte avec le monde en louant le bien et en taisant le mal? Quelle est cette Eglise acharnée à se faire accepter par le monde (en tant que folklore?), qui ne parle plus que de façon symbolique, quitte à devenir elle-même symbolique? Cette Eglise qui cherche à plaire à la société au lieu d’apporter dans le monde la parole du Christ telle qu’elle a été dite et sans rien en dissimuler?

Prendre une partie pour le tout en se focalisant à outrance sur un des multiples aspects contenus dans le christianisme, c’est le début de la pensée sectaire, c’est affaiblir les forces de résistance; c’est arracher l’Eglise du cœur des peuples où elle est enracinée pour la jeter aux pieds des élites d’aujourd’hui, la soumettre aux idéologues et aux technocrates; c’est faire le lit des ennemis. La contradiction, lorsqu’elle est substantielle, est une force et la non-résistance obstinée est stupide, car suicidaire. Elle n’a strictement rien à voir avec la mission du Christ.

Le vrai pacifiste a toujours existé au sein de la chrétienté. C’est celui qui refuse de combattre avec des armes, car il a d’autres moyens de combattre l’ennemi. C’est sont les prêtres, les saints et les martyrs. Par contre, celui qui refuse de combattre tout court est un phénomène nouveau. Il cherche le dialogue encore et encore, il essaie de comprendre l’autre quand bien même l’ennemi aurait déjà commencé à envahir son pays et menacerait son existence. Ce pacifiste-là est une plaie. Il incarne la faiblesse en tant que valeur positive, indépendamment des circonstances. L’incarnation de la faiblesse par le pacifiste moderne – qui n’a rien à voir avec la force et l’incroyable audace du Christ sur la croix et avec Sa souffrance – est en passe de devenir la faiblesse de l’Occident post-chrétien tout entier.

Elle fait la force de l’armée du Coran, car les musulmans ne macèrent pas leurs esprits dans les doutes mortifères. Là réside leur force. Ils veulent la conquête de l’Occident. Ils mènent la guerre contre des braves gens qui croient apporter la paix et le progrès à tout le monde. Ces braves gens aux intentions si éminemment bonnes sont tellement convaincus du bien-fondé de leurs «valeurs» qu’ils refusent même de reconnaître qu’ils sont attaqués. Qui attaquerait le Père-Noël? C’est impensable.

La conquête n’est qu’une question de temps. Moralement, le monde ancien s’est déjà écroulé.

L. K.

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