L'erreur de Claude Béglé

Claude Béglé, l’éphémère président de La Poste, a commis plusieurs erreurs. La moindre fut de parler, ce qui permit à tous de constater que ce géant débonnaire est doté d’une vive intelligence, de larges connaissances techniques, d’une vaste expérience de manager et d’une vision à la fois sociale et novatrice de l’avenir postal.

Dans le milieu de la politique traditionnelle, où la médiocrité rassurante passe pour de la prudence, où le manque d’imagination est appelé modestie, où l’on nomme réalisme le refus de toute option originale et nouvelle, où les grands commis, pour ne faire de l’ombre à personne, doivent rester ternes et gris, on ne pouvait tolérer longtemps un homme brillant, au parcours professionnel éblouissant, imaginatif et sensible, qui se mêlait d’avoir des idées!

Sans doute eût-il mieux valu que les grandes options stratégiques auxquelles le président accordait ses préférences fussent discutées d’abord en petit cénacle avant d’être jetées en pâture à une presse alémanique résolument hostile a priori, ou à des syndicalistes sclérosés.

Mais l’erreur principale de Claude Béglé fut probablement de croire en la loyauté de son ministre de tutelle, l’insignifiant Leuenberger, qui fut tout heureux de faire payer au Conseil fédéral son refus de désigner le pantin Ulrich Gygi au poste qu’il lui destinait.

Grâce à la pleutrerie de notre pitre sans moustache, le conseil d’administration de La Poste sera présidé par Peter Hasler, un homme aux éminentes qualités, certes, mais qui n’a aucune expérience ni de l’administration ni des postes étrangères. Il a néanmoins un grand mérite, c’est d’être Suisse allemand.

C.P.

Thèmes associés: Humeur - Politique fédérale

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