Et si…?

Mme Philomena Colatrella, présidente de la direction générale du Groupe CSS est d’avis qu’il faudrait remplacer, dans l’assurance-maladie de base, la franchise minimale de 300 francs par des franchises pouvant aller jusqu’à 10'000 francs. Du coup, les primes diminueraient de 170 francs et on économiserait au moins 1 milliard par année. Bien entendu, les plus démunis bénéficieraient d’une aide – payée par les cantons et non par les assureurs, naturellement –, car il ne saurait être question de les priver des soins dont ils ont besoin.

Il va de soi, pour Dame Colatrella, que les «non-plus démunis» possèdent tous des milliers de francs de réserve pour financer leurs problèmes de santé et ceux de leurs familles en cas de gros pépin.

Sur quelle planète vit donc cette dame?

Le fait que le Groupe CSS est un des plus gros assureurs de Suisse n’a évidemment rien à voir avec cette proposition philanthropique, qui permettrait aux caisses maladie d’encaisser des primes tout en se dispensant, dans de très nombreux cas, de rembourser un seul centime aux prétendus assurés.

Et si la franchise passait à 10'000 francs, titrait 20 minutes du 16 avril?

Et si on supprimait l’assurance-maladie obligatoire pour laisser les gens se débrouiller tout seuls?

Comme les caisses maladie ont besoin de vivre, ainsi que vient de le démontrer Mme Colatrella, on verrait ressurgir à très bref délai le système de l’assurance-maladie facultative à choix multiples fondée sur une véritable concurrence. Les membres de la classe moyenne, trop riches pour avoir droit à l’aide publique, mais trop pauvres pour assumer seuls les coûts d’une grave maladie, s’assureraient massivement et assureraient leurs enfants chez des assureurs qui leur feraient des offres ciblées. Les affiliés en bonne santé paieraient pour les malades, comme ça a toujours été le cas, de sorte que les amateurs de solidarité seraient satisfaits. Quant aux négligents, tant pis pour eux. D’ailleurs, actuellement, ils ne paient pas leurs primes et ne sont donc pas couverts non plus.

Et si on se mettait à réfléchir à cette solution?

M. P.

Thèmes associés: Economie - Politique fédérale

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