Beau geste

A l’occasion de la Saint-Georges, qui est sa fête puisque il se prénomme Jorge, le pape François a fait distribuer des glaces à trois mille déshérités de Rome. Le Saint-Siège aurait expliqué que «le Saint-Père [voulait] célébrer cette journée avec les plus nécessiteux et les sans-abri de Rome»1.

Comme il faisait très chaud le 23 avril, les bénéficiaires ont fort apprécié ce geste de charité.

Je suppose qu’en cas de température glaciale, ils auraient eu droit à un cornet de châtaignes.

Ce n’est pas parce qu’on vit dans la misère qu’on n’a pas droit à une friandise de temps en temps, bien au contraire. Il est bon que le pape ait compris cela.

Mais on peut se demander si ce dernier, qui «a fait de l’accueil des pauvres l’un des thèmes centraux de son pontificat» et qui a instauré une Journée mondiale des pauvres, n’aurait pas pu offrir en plus des glaces quelques tentes dressées dans les jardins du Vatican à l’intention des sans-abri.

Quoi qu’il en soit, on est heureux d’apprendre que, dans une ville qui compte près de trois millions d’habitants, il ne s’est trouvé que trois mille personnes suffisamment nécessiteuses pour avoir droit aux largesses du pape François, lequel, pour une somme après tout minime – même si chaque glace a coûté 5 euros, l’opération n’aura pas ruiné le Vatican –, s’est assuré l’admiration béate de tous les mécréants d’Occident.

M. P.

 

1 20 minutes du 24 avril 2018.

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