Editorial

L’immigration africaine vers l’Europe, qui avait été reléguée dernièrement aux pages intérieures de nos quotidiens, revient à la une. Le périple de l’Aquarius, bateau de sauvetage des ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, a donné lieu à de nombreux débats, effets d’annonce et autres valses politiques dans toute l’Union européenne.

L’opération de sauvetage n’avait en elle-même rien d’extraordinaire, tant la récupération des «migrants» à quelques brasses des côtes libyennes par les gentilles organisations non gouvernementales est devenue commune. Ce qui l’est moins, c’est l’attitude du nouveau ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, qui a décidé de mettre fin à l’arrogance de ces ONG, qui prétendent nous imposer l’arrivée de populations allogènes. Stupeur et consternation, l’Italie n’autorisera pas le débarquement des six cent vingt-neuf naufragés en provenance d’Afrique subsaharienne.

Une option aurait été de les ramener en Libye, mais curieusement cette possibilité n’a jamais été évoquée.

L’occasion était trop belle pour le gouvernement espagnol socialiste de se faire mousser en faisant preuve d’altruisme, et le nouveau premier ministre Pedro Sanchez pourfendait le mal en offrant généreusement de faire débarquer les nouveaux venus à Valence. Dans un premier temps, le bruit a couru dans les médias que les immigrants recevraient le statut de réfugiés, bruit démenti par la suite. Chaque cas sera étudié individuellement.

Bien. Individuellement, c’est un bon début. C’est même la clef, si ce n’est que tout est organisé à l’envers du bon sens. Reprenons: d’un côté l’Europe, vieux continent en décadence où la population a oublié ses racines chrétiennes, vit dans une relative opulence et se préoccupe essentiellement de la sortie du dernier I-Machin, des prochaines vacances à la plage et de la robe que portait la dernière starlette lors de la remise des Oscars. De l’autre côté, l’Afrique, ravagée par les guerres tribales ou de religions, exploitée par les multinationales, rongée par la corruption et où règnent la misère et la malnutrition. Eh bien! je vous le dis tout net: si j’étais Africain, moi aussi j’essaierais de me rendre en Occident par tous les moyens. Il est donc inévitable que le flux migratoire aille en augmentant tant que la situation ne s’améliorera pas en Afrique.

Car on trompe les populations africaines. On leur fait croire qu’ils seront bienvenus, car les Européens sont ouverts et tolérants, mais c’est un mensonge éhonté. Nous n’en voulons pas. Ni des Noirs d’Afrique subsaharienne, ni des Maghrébins musulmans. Une fois sur place, le rêve se transforme en cauchemar. En Europe, rien n’est simple. Il n’y a pas de travail pour tous ces bras sans qualifications. Le statut de réfugié n’est pas facile à obtenir et nombreux seront ceux que l’on priera de rentrer chez eux. C’est ensuite l’entrée dans la clandestinité,  la solution de facilité pour obtenir des revenus – le trafic de drogue par exemple. Pour les plus honnêtes et les plus courageux, ce sera l’exploitation dans une entreprise peu scrupuleuse, qui les fera travailler au noir.

Les conséquences de cette immigration massive sont désastreuses à tous les niveaux. Les autochtones se sentent menacés dans leur identité et, dans certains quartiers, dans leur intégrité physique. La grogne monte et ne fait pas dans le détail. Le racisme de base est un sentiment facile.

Il y a des solutions pour enrayer la machine. Premièrement, les bateaux de sauvetage des ONG devraient ramener les migrants à leur point de DÉPART. Cela pourrait suffire à en décourager une bonne partie. Deuxièmement, monter une grande campagne dans toute l’Afrique pour informer les candidats au voyage en bateaux gonflables qu’ils ne seront pas repêchés en mer et qu’on ne les laissera pas accoster. Troisièmement, organiser à travers les consulats et ambassades la sélection des candidats à l’asile, qui devront démontrer d’une part être en danger dans leurs pays et d’autre part qu’il n’y a pas un Etat sûr dans lequel ils pourraient s’établir de leur côté de la Méditerranée. Les cas de demandeurs d’asile étant en réalité très peu nombreux par rapport à la masse des migrants, il resterait à sélectionner, toujours au moyen de structures sur le territoire africain, les individus qui présentent des qualifications utiles à l’économie européenne et pourraient grâce à cela obtenir un permis de travail temporaire et un stage dans une entreprise.

Reste la question de savoir comment venir en aide à tous ceux qui forment la majorité des pauvres bougres en quête d’un avenir meilleur. Nous n’avons pas la solution, mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas de les amener en Europe.

Michel Paschoud

Thèmes associés: Immigration - Politique internationale

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