Fernand Melgar – Caramba, encore raté!

Décidément, Fernand Melgar accumule les erreurs. Après avoir commis un navet soporifique avec le film  Vol spécial, auquel j’avais consacré une critique le 26 septembre 2011 sur mon blog1 et un article dans Le Pamphlet2, le cinéaste gauchiste est derechef parti en guerre, cette fois contre le trafic de stupéfiants en ville de Lausanne.

Se croyant protégé contre tout soupçon de populisme par ses positions politiques d’extrême-gauche, et par les bons sentiments qui dégoulinaient dans son film sur le renvoi des requérants d’asile déboutés et récalcitrants, il n’a pas compris à qui il s’attaquait cette fois.

A la sortie de Vol spécial, le réalisateur lausannois avait été encensé par la critique, par toutes les bonnes femmes qui œuvrent à la Radio suisse romande et par tout ce que le pays compte de braves gens aux bons sentiments. Les rares critiques émanaient de ces vieux Suisses égoïstes et repliés sur eux-mêmes, imperméables aux nécessités de l’accueil, de l’hospitalité, en un mot de l’humanité.

Allant dans le sens de la globalisation, de la mondialisation chères à Soros, Attali et leurs disciples, de l’abolition des frontières, du grand brassage inter-ethnique et interculturel, Melgar jouait gagnant.

Aujourd’hui, c’est différent. En dénonçant le deal de rue à Lausanne, et l’incroyable passivité des autorités à l’endroit des pourvoyeurs de mort, il s’en prend à beaucoup trop fort pour lui. Ce ne sont pas seulement les jeunes dealers africains qui sont visés, pauvres petits soldats d’une armée dont les colonels sont au Nigeria et les généraux en Colombie, c’est tout un cartel qui est menacé par la révolte d’un homme de gauche. Si ses camarades habituels l’avaient suivi, sa protestation pouvait faire tache d’huile et mettre en péril un empire qui vaut des milliards de dollars.

Mais les barons de la drogue veillaient et ils ont le bras long. On a financé des critiques, des injures et des menaces. La photo des dealers serait une image «volée», la dénonciation de Melgar aurait des relents racistes, la répression a démontré son inefficacité, il vaudrait mieux libéraliser et contrôler le marché qu’interdire et punir…

Le malheureux tombe des nues. Il n’a jamais envisagé d’être l’accusé d’un procès stalinien en déviationnisme idéologique. Sans doute a-t-il compris. S’en prendre aux patrons de la distribution de cocaïne n’est pas sans danger. Parions qu’il s’abstiendra de critiquer le cartel de l’héroïne, tenu par les ressortissants des Balkans, encore plus vindicatifs et dangereux.

La Municipalité de Lausanne, presque exclusivement de gauche, peut se rendormir paisiblement. Elle prétend «renforcer la présence policière», mais ce n'est pas pour empêcher le deal de rue. C'est pour «répondre au mécontentement croissant de la population». La vente ouverte de la drogue n’est pas près de cesser.

C. P.

 

1 http://www.claude-paschoud.ch/blog/?p=71.

2 http://www.pamphlet.ch/?article_id=270, n° 408 d’octobre 2011.

Thèmes associés: Immigration - Politique vaudoise

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