Un expert nommé Villiger

Après avoir vendu des cigares, encombré le Conseil fédéral et présidé le conseil d’administration de notre chère UBS, Kaspar Villiger a, comme tout le monde, écrit un livre, un livre sur la démocratie qui plus est. Il faut dire que, ayant apporté la preuve de sa soumission à certains groupes de pression lors de son passage au gouvernement fédéral, il était particulièrement bien placé pour traiter ce sujet.

Et comme il n’y a pas de limites au culot d’un culotté, le bon Kaspar s’est permis, lors d’un entretien accordé à Suissinfo1, des propos qui ont fort irrité, en Grande-Bretagne, les partisans du Brexit. «Le vote sur le Brexit, a-t-il dit, n’était pas de la démocratie directe, mais une sottise. La question formulée n’était pas suffisamment claire. Et les possibles conséquences, risques et stratégies en cas de oui ou de non n’ont pas été discutées à fond à travers des procédés qui ont fait leurs preuves dans le monde académique et politique.»

C’est drôle: il me semblait que la question posée aux citoyens du Royaume-Uni – Le Royaume-Uni doit-il rester membre de l’Union européenne ou quitter l’Union européenne? – était on ne peut plus claire. Je ne vois même pas comment elle aurait pu l’être davantage. Je n’ai pas remarqué non plus que le débat ait été moins nourri et plus mal conduit que ceux qui agitent la Suisse à la veille des votations.

Mais si le grand Villiger, dont la vaste intelligence et la hauteur de vue ont laissé un souvenir impérissable dans notre pays, prétend le contraire, c’est que je n’ai rien compris.

M. P.

 

1 https://www.swissinfo.ch/fre/democratiedirecte/-deardemocracy_-le-vote-sur-le-brexit-n-%C3%A9tait-pas-de-la-d%C3%A9mocratie-directe--mais-une-sottise-/44144614.

Thèmes associés: Politique fédérale - Politique internationale

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