Ce bon M. Juncker

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker est un grand ami de la libre Helvétie. Aussi presse-t-il notre pays de conclure le fameux accord institutionnel avec l’Union européenne avant son départ, qui aura lieu d’ici un an. Après, paraît-il, il sera trop tard, car, sans lui, «ça pourrait être franchement mauvais pour la Suisse»1. Il estime aussi, apparemment, que les négociations avec le Royaume-Uni en vue du Brexit doivent inciter la Confédération à se dépêcher de conclure un «accord d’ensemble», excluant par définition tout accord  par étapes, afin que «les deux négociations n’empiètent [pas] l’une sur l’autre».

En fait, le personnage tente d’effrayer la Suisse, car il se rend compte, d’une part, que les négociations peuvent traîner longtemps en raison d’oppositions diverses, notamment en ce qui concerne la libre circulation des personnes et les fameuses mesures d’accompagnement, mais aussi au sein d’une population majoritairement hostile à l’Union européenne; d’autre part que la Suisse a tout avantage à connaître les termes de l’accord sur le Brexit pour pouvoir s’en prévaloir le cas échéant.

Du coup, l’«ami» se fait menaçant.

On a presque envie de le remercier de nous montrer si clairement ce que nous devons faire pour garder notre relative indépendance: procéder à un accord par étapes et attendre la fin des négociations sur le Brexit.

Cela vaut bien un bisou de la conseillère fédérale Doris Leuthard, sans doute.

M. P.

 

1 https://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/Juncker-enjoint-la-Suisse-de-conclure-un-accord-vite-26128120.

Thèmes associés: Politique fédérale - Politique internationale

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