Sur la peine de mort

La Congrégation  romaine pour la Doctrine de la Foi vient de modifier le catéchisme de l’Eglise catholique en y introduisant une condamnation formelle de la peine de mort, qui serait contraire à la loi divine, à la bonté divine plus précisément, ainsi qu’à la dignité humaine. Bergoglio a approuvé ce changement.

Il y a là un abus manifeste de pouvoir aux plus hauts niveaux de la hiérarchie conciliaire. En effet, Dieu ne saurait se contredire. Or la peine de mort a toujours été admise non seulement dans l’Ancien Testament, mais également dans le Nouveau puisque les Evangiles n’en parlent pas et que saint Paul l’approuve explicitement dans l’une de ses épîtres. En outre, l’Etat du Vatican lui-même la connaissait dans sa législation!...

Son effet méritoire et réparateur a été relevé par saint Thomas d’Aquin en ce sens que, méritée et acceptée par le condamné, elle lui vaut réparation également pour le ciel! Le XXe siècle a connu, avec Jacques Fesch, guillotiné  le 1er octobre 1957 pour meurtre, une expérience spirituelle de conversion extraordinaire en prison. Voici ce qu’il écrivait après sa condamnation à la peine capitale:

«Cher petit frère,

Je vis des heures merveilleuses. Afin d’adoucir les angoisses des derniers instants, notre bonne mère [la Sainte Vierge] me fait préférer la vie au-delà à celle d’ici-bas. (…) Jésus permet cette mort afin de pouvoir sauver ce qu’il veut sauver.»l

Cette lettre comporte la précision suivante: Il le permet afin d’adoucir les angoisses des derniers instants.

Si donc le ciel intervient parfois directement auprès d’un condamné pour lui faire accepter ce châtiment, c’est que ce dernier est manifestement non pas seulement licite, mais moral, parce que de nature à dissuader d’autres assassins éventuels.

En fait, la condamnation moderne de la peine capitale est l’expression politique et sociale du matérialisme et même de l’athéisme, qui ne voient que dans cette vie l’ultime espérance de l’homme.

Michel de Preux

 

1 Lettre du 3 septembre l957, publiée dans Lumière sur l’échafaud, éd. ouvrières, Paris l971, pp. 118/9.

Thèmes associés: Ethique - Justice - Religion

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