Le retour du franquisme

Horreur et abomination! Les heures les plus sombres de l’histoire espagnole sont sur le point de se répéter. Les dernières élections dans la communauté autonome d’Andalousie ont vu le parti socialiste perdre l’hégémonie qu’il maintenait depuis trente ans. Et tout cela par la faute de l’affreux parti d’extrême droite Vox, qui fait une entrée fracassante au Parlement avec douze sièges sur cent neuf. Ce raz-de-marée de super-méchants fait trembler la démocratie sur ses bases et on s’affole dans les hautes sphères de la politique: «Aurions-nous fait quelque chose de travers? Serait-ce dû aux innombrables scandales de corruption qui impliquent tellement souvent toutes les tendances que cela en devient ennuyeux? Pourrait-il y avoir un lien avec la désastreuse politique européenne en faveur de l’immigration de masse? Ou, qui sait, le chômage, la pauvreté, l’absence de vision des gouvernants? Non, non, chers amis, c’est à cause de la Catalogne, c’est sûr.»

On aura entendu toutes les énormités possibles à la suite de ces élections. Ce qui est évident, c’est qu’une partie de l’électorat socialiste andalou ne s’est pas déplacé aux urnes et qu’une autre partie, lassée d’être prise pour le dindon de la farce, y a glissé un bulletin de Vox.

Faut-il s’inquiéter de l’augmentation du poids des partis dits «d’extrême droite» en Europe? D’un côté, il est rassurant de voir que, malgré le matraquage médiatique de la bien-pensance durant les dernières décennies, une partie de la population n’est pas encore totalement lobotomisée. D’un autre côté, il faut bien admettre que le discours de ce courant est généralement simpliste et surtout extrêmement centralisateur. Cela suffit à nous le rendre antipathique.

Michel Paschoud

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