Le jaune est à la mode

Après les indépendantistes catalans, c’est au tour des opposants à la taxe sur les carburants de se parer de jaune. Ce qui à la base était un mouvement légitime contre l’extorsion que l’Etat français fait subir aux usagers de la route s’est rapidement transformé en un joyeux bazar.

On sait bien pourtant qu’il ne faut pas lâcher un Français dans la rue avec une banderole ou une simple revendication, car en moins de temps qu’il n'en faut pour le dire, vous vous retrouvez avec des hordes de mécontents.

Le mouvement des «Gilets jaunes» est à la base un mouvement spontané, qui a été possible grâce aux réseaux sociaux et à leur mode de communication quasi instantané. Le succès de la mobilisation est aussi sa principale faiblesse, car on a pu en observer immédiatement la totale désorganisation. Pas de meneurs, pas de structure, pas de légitimité des porte-parole et surtout pas de discours cohérent. J’ai vu circuler sur Facebook une liste de revendications des «Gilets jaunes»: on y trouve absolument de tout: baisse de l’impôt sur les carburants, augmentation du salaire minimum, droit au logement, imposition «juste» des riches et des multinationales, retraite minimum, lutte contre les grandes surfaces pour protéger le petit commerce, interdiction de la délocalisation, politique migratoire, droit du travail, et la liste est sans fin. Car pour une fois que le peuple français a l’occasion de s’exprimer, il en profite.

Et quelle a été la réponse du gouvernement? Faire marche arrière sur le carburant. En effet, le temps travaille pour le pouvoir. Lorsque le mouvement se morcellera en plusieurs tendances incompatibles, il mourra aussi vite qu’il est né. Emmanuel le sait.

Mi. P.

Thèmes associés: Politique française

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