Sur la nature des choses

Concevoir que l’on puisse assimiler les unions de même sexe au mariage n’est pas autre chose qu’un défi au bon sens et à la morale naturelle. Mais y ajouter un «droit» à la filiation, de pure fiction et intrinsèquement mensonger, aggrave encore le scandale puisqu’il met très directement en danger l’intégrité morale de l’enfant, qui, dès son plus jeune âge, voit dans cette situation un état normal, bien qu’objectivement contre-nature. Le droit de l’enfant à la protection de son intégrité intellectuelle et morale entre là incontestablement en conflit ouvert avec le faux droit accordé à ses parents de pure fiction de créer une «famille» à leur convenance.

Il y a néanmoins un lien de cause à effet entre le premier abus et le second: la manipulation éhontée du sens des mots. Une société qui pratique de tels abus détruit toute sa légitimité puisqu’elle ne recule plus devant      la dénaturation du droit lui-même, qu’elle plie à ses fantaisies.

Tout ceci est néanmoins conforme à la nature, non de la démocratie en elle-même, mais de ce qu’en a fait la démocratie moderne, laquelle n’est plus un régime politique parmi d’autres, mais un «état d’esprit» comme le disait le philosophe russe Nicolas Berdiaef. Cet état d’esprit consiste essentiellement à détruire systématiquement toute certitude morale et à légitimer toute fantaisie, même la plus aberrante.

C’est ce qu’écrivait déjà Georges Bernanos dans La grande peur des bien-pensants, notamment ceci: «(…) la démocratie se doit d’être une création continue. (…) A chaque problème posé, sa force est justement de tout remettre en question, et jusqu’à la nature même des choses.»

Des société qui en arrivent à ce degré de perversité ne méritent plus de survivre. Elles sont un danger pour le genre humain tout entier. Dans un tel cas, les instances religieuses doivent impérativement avertir les peuples concernés de ce danger et de son extrême gravité. Si elles s’en abstiennent, elles perdent, elles aussi, leur légitimité.

Voilà où nous en sommes en Europe occidentale et particulièrement dans l’Union européenne, dont le peuple suisse se méfie avec bon sens mais pas assez de force.

Michel de Preux

Thèmes associés: Ethique - Religion - Société

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