Immigration de masse

De tous temps, il y a eu des immigrations. Mais celle que nous connaissons aujourd’hui en Europe présente un caractère plutôt alarmant, non pas seulement par son caractère massif et continu, mais parce qu’elle se conjugue avec une perte simultanée d’identité européenne. L’Eglise a fait l’Europe comme entité politique consciente d’elle-même. Les divisions  religieuses au sein du christianisme ont fragilisé progressivement cette construction. Il y a eu d’abord le schisme oriental qui, au XVe siècle, a fini par perdre Byzance face à la puissance ottomane; puis les courants de la Réforme, qui séparèrent l’Europe latine de celle du Nord et divisèrent durablement l’Allemagne.

Avec l’effacement progressif de l’Eglise catholique elle-même dans la sphère politique d’Europe occidentale au profit des rivalités dynastiques, les nations latines cherchèrent leur salut dans le nationalisme. On connaît la phrase lapidaire de François Mitterrand: «Le nationalisme, c’est la guerre!» Excessif, ce propos, aujourd’hui, n’a plus lieu d’être. L’immigration de masse, essentiellement musulmane, qu’on le veuille ou non, change la donne. La dégénérescence du droit de famille en Occident, qu’on le veuille ou non, favorise à terme l’introduction progressive du droit musulman, d’abord d’ordre familial, puis, lorsque les circonstances s’y prêteront, dans d’autres domaines.

Nul ne sait, aujourd’hui, de quoi demain sera fait. L’Union européenne n’est  pas une entité politique, mais exclusivement  administrative et à finalité  technocratique. Elle ne comble pas un vide politique, elle l’entretient.

La Suisse, restée à l’écart des courants nationalistes, survit mieux, comme entité souveraine, grâce à cet écart. Mais cette situation gêne sa classe politique – UDC mise à part –, ralliée à la normalisation idéologique de Bruxelles. Quelques notes divergentes apparaissent toutefois: une Russie post-soviétique qui se souvient qu’elle a été un empire et songe peut-être à le redevenir. Des contrées méditerranéennes, d’Italie notamment, pourraient déstabiliser gravement l’ordre technocratique de l’Union européenne face à l’afflux de migrants venus d’Afrique.

Il est révélateur qu’aucune formation politique ni aucun des grands moyens d’information n’enquête sur les causes de ce phénomène en Afrique même. L’Europe ne veut pas voir… Elle a déjà un comportement de vaincue.

L’avenir politique et social de notre continent est sombre. Le fait même que nos classes politiques n’en parlent pas révèle une capitulation intérieure plutôt alarmante. Mais n’est-ce pas dans les situations humainement désespérées que peut renaître le courage de vaincre et de survivre? C’est à cela que doit porter, désormais, notre attention.

Michel de Preux

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