Pacte mondial

Rien que le titre doit normalement provoquer une éruption de boutons. C’est pourtant bien un pacte mondial que la Conférence intergouvernementale de l’ONU a été chargée d’adopter, fruit des négociations tenues en application de sa résolution 71/280 pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, les 10 et 11 décembre derniers à Marrakech (Maroc).

Le texte français comprend quarante et une pages, toutes dégoulinantes de bons sentiments, et il a été adopté sans surprise par les Etats qui s’étaient fait représenter à Marrakech dans un grand élan d’altruisme, de solidarité, de droits de l’homme, d’égalité hommes-femmes et de sauvegarde des droits des enfants.

En gros, les Etats qui ont signé ce pacte mondial s’engagent à accueillir non seulement sur leur territoire, mais dans leurs cités, dans leurs entreprises et à la charge de leurs services sociaux tous les migrants insatisfaits de leur sort dans leurs pays de provenance. Comme les migrations doivent devenir non seulement sûres et ordonnées, mais aussi régulières, on comprend que la source des migrations ne doit pas se tarir ni même être perturbée.

La vision qui sous-tend ce pacte mondial est bien, comme son nom le laisse supposer, une œuvre qui s’inscrit dans un monde globalisé, dont les frontières intérieures (la frontière des Etats) sont un reliquat d’un passé bientôt révolu. Tout le monde est un jour ou l’autre contraint de s’expatrier (soit, étymologiquement, de quitter la terre de ses pères), pour chercher fortune ou simplement travail et subsistance ailleurs.

En Suisse, la bonne santé de notre économie est due en partie au labeur des immigrants italiens, espagnols, portugais et, dans une moindre mesure, albanais et croates.

En tirant de l’histoire récente cette comparaison, on veut nous faire accroire que les flux migratoires actuels seront aussi bénéfiques pour notre pays que l’étaient les travailleurs européens précités.

Il y a pourtant des différences importantes entre ces deux situations: l’immigration d’après-guerre était voulue par l’économie suisse. Elle faisait appel à des travailleurs chrétiens, généralement compétents dans leur domaine et surtout désireux de travailler. Un signe: une partie des entreprises de construction ou de génie civil porte le nom de son fondateur italien. On dit que le grand-père R. Pella est arrivé en Suisse avec pour toute fortune un baluchon au bout d’un bâton. Ils ont travaillé dur et ils sont arrivés.

Les flux migratoires qui submergent l’Europe depuis l’Afrique ou le Proche et le Moyen-Orient sont constitués de personnes majoritairement musulmanes, sans aucune compétence professionnelle et dont la volonté de travailler n’est pas d’une évidence aveuglante.

On nous rassure au sujet du Pacte mondial en nous affirmant qu’il n’a aucun caractère contraignant. C’est une blague!

Le pacte contient quarante-sept fois la formule «nous nous engageons…» et trente-huit fois «afin de tenir ces engagements…». Alors, lorsqu’un Etat signe un pacte par lequel il s’engage quarante-sept fois à agir de telle ou telle manière, il faut avoir la chutzpah d’une directrice de bonnes œuvres socialistes pour soutenir, contre l’évidence, qu’un tel pacte est non contraignant.

Il est tenu pour tel par tous les politiques qui ont coutume de mentir comme des arracheurs de dents et de faire des promesses qu’ils savent ne pas pouvoir tenir. Mais le Conseil fédéral est composé de magistrats honnêtes; pas les plus futés, ni les plus compétents, mais les plus honnêtes. S’ils ont signé un engagement, ils vont tout faire pour le tenir. Or les objectifs du pacte sont inaccessibles et d’ailleurs il est hautement recommandé aux Etats européens de ne pas chercher à les atteindre.

Après les USA, la Hongrie, l’Autriche, la République tchèque, la Pologne, l’Australie, la Slovaquie, la Bulgarie, la République dominicaine, et encore Israël, pays racistes et xénophobes (?) qui ont refusé de se rendre à Marrakech et de signer, la Suisse se tâte. Le texte final avait été admis pourtant le 13 juillet 2018 lors de négociations intergouvernementales dirigées par deux «facilitateurs», un Mexicain et le Suisse Jürg Lauber.

Plusieurs autres pays européens hésitent. Certains, comme l’Italie, vont refiler la patate chaude à leur Parlement.

Prions pour que la Confédération ne signe pas les quarante-sept engagements du pacte, qui marqueraient la fin de la souveraineté des nations.

C. P.

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