Haute sécurité

L’établissement pénitentiaire français d’Alençon - Condé-sur-Sarthe a été récemment le théâtre d’une attaque contre deux surveillants, attaque perpétrée au moyen de couteaux de céramique par un couple qui s’était ensuite retranché dans un studio utilisé par les détenus pour recevoir leurs proches. Il a fallu donner l’assaut pour déloger ce sympathique ménage et la femme, enceinte, qui, en tant que visiteuse, avait introduit les couteaux dans l’établissement pénitentiaire, a perdu la vie1.

Pourtant, cette prison est l’un des deux établissements les plus sécurisés de France, car elle comporte un quartier de prise en charge des personnes radicalisées (QPR) – l’expression «personnes radicalisées» est un euphémisme politiquement correct qui désigne les islamistes purs, durs et prêts à tout.

Dans le cas qui nous occupe, la «personne radicalisée» est un homme condamné à une peine de trente ans pour le meurtre crapuleux d’un retraité. Il s’est converti et «radicalisé» en prison. Il prétend avoir voulu venger une autre «personne radicalisée» – bien connue de la justice pour un grand nombre de faits de droit commun –, auteur de l’attentat perpétré à Strasbourg le 11 décembre 2018 et abattue par la police après le massacre. Pour une raison inconnue, le «vengeur» n’était pas détenu dans le QPR. Apparemment, on le croyait inoffensif.

Il faut donc admettre qu’un détenu, «radicalisé» ou non, peut, dans une prison hautement sécurisée, s’en prendre à des surveillants insuffisamment protégés et que le système de fouilles ressemble à une passoire, à moins que le personnel de la prison ne considère les couteaux de céramique comme des instruments d’une parfaite innocuité.

Comme il se doit chez nos voisins, le personnel pénitentiaire s’est mis en grève. Les syndicats réclament un renforcement des fouilles et dénoncent des moyens insuffisants compte tenu de la dangerosité des «personnes radicalisées».

Comment peut-on espérer qu’une grève et des revendications syndicales permettront de remédier à des insuffisances dues avant tout à une mauvaise appréciation des méthodes propres à favoriser la rédemption des criminels dangereux et autres «personnes radicalisées»?

On peut lire en effet dans la version en ligne de Sud-Ouest du 16 avril 2018 que, si l’établissement d’Alençon - Condé-sur-Sarthe est l’une des deux prisons les plus sécurisées de France, il n’en reste pas moins que «le bâtiment [du QPR], lumineux et coloré, a ses défauts: il est dépourvu de gymnase et de salle de spectacle2, et les détenus ne peuvent jamais apercevoir la ligne d’horizon (…)»3. Les journalistes ont le cœur tendre et le directeur de la prison «admet» la carence.

Elles sont bien à plaindre en effet, ces pauvres «personnes radicalisées» qu’on prive de sport, de culture et de panorama. Par bonheur, le directeur table sur la communication avec les détenus pour compenser l’aspect ultrasécuritaire de son établissement et obtenir l’adhésion des pensionnaires.

Le dialogue, il n’y a que ça de vrai! Il est bien connu qu’il suffit de discuter avec les prisonniers pour que ceux-ci se mettent à aimer leur cellule.

Quand donc comprendra-t-on qu’il n’est pas recommandé de caresser les chiens enragés ni de les laisser se promener dans les couloirs du chenil, même avec des surveillants?

On vient pourtant d’en avoir la preuve.

M. P.

 

1 20 minutes du 7 mars 2019.

2 Souligné dans le texte publié par Sud-Ouest.

3 https://www.sudouest.fr/2018/04/16/ne-pas-publier-comment-la-prison-ultrasecurisee-d-alencon-prepare-l-arrivee-de-detenus-radicalises-4377077-4697.php.

Thèmes associés: Immigration - Justice - Politique française

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