8 mars, une autre journée du féminisme revendicatif

Je ne reviendrai pas sur l’égalité des sexes, j’y est déjà consacré quelques lignes en 20161 et n’ai pas, depuis lors, changé de point de vue. Mais en tant qu’employeur, homme, mari, père d’une merveilleuse jeune fille de onze ans, je m’interroge en voyant les manifestations de la journée mondiale des droits de la femme: les choses sont-elles réellement atroces? Si je résume les revendications principales, on peut dégager trois thèmes principaux.

Tout d’abord, la violence conjugale: je vis en Espagne et il est vrai qu’il s’y agit d’un authentique problème de société. Chaque année, plusieurs centaines de femmes y sont tuées par leurs conjoints et c’est intolérable. Il y a là un travail de fond à faire tant au niveau de l’éducation des petits garçons que dans le dépistage des situations à risque, de la prise de conscience des victimes et de leurs entourages. Bien: un gros chantier, sur lequel tout le monde planche sans la moindre once de contestation.

Vient ensuite le problème du harcèlement sexuel. C’est un peu le même combat, avec ce bémol que les garçons en viennent à craindre de se retrouver devant les tribunaux pour avoir passé la main autour de la taille d’une jolie jeune fille dans un bar de nuit. Pour se faire des relations, ça n’est guère pratique. Et, tout à fait entre nous, ça fait longtemps que je ne me suis pas fait pincer les fesses par une fille dans une discothèque, et ça me manque un peu…

Mais trêve de plaisanterie. La principale revendication des femmes, le 8 mars, reste et restera l’égalité des salaires. A compétences égales, salaire égal! Oui, certes, très bien. Mais si en tant qu’employeur je suis amené à mettre en balance deux candidats de sexes opposés, je ne vais pas seulement me baser sur le niveau de compétences. Je vais aussi regarder les années d’expérience.

Or les femmes et les hommes portent en eux une différence fondamentale, qui va nécessairement influencer les statistiques. Les unes enfantent et les autres non. Lorsqu’une femme décide de devenir mère, elle ne va généralement pas pondre son moutard et retourner fissa au turbin. Normalement, elle va avoir envie de passer du temps avec son bébé; elle va prendre parfois quelques mois, voire quelques années, pour le voir grandir, éventuellement en faire un deuxième dans la foulée. Il est assez probable que le travail qu’elle reprendra ensuite sera un emploi à temps partiel, qui lui permettra de gérer sa famille. Or pendant ce temps, les pères ont continué à travailler à temps complet et à accumuler des années d’expérience. Cela explique peut-être une partie de la brèche salariale et la sous-représentation des femmes dans les postes de cadres supérieurs.

Pour conclure, je dois avouer que j’ai été amusé d’entendre à la télévision catalane les résultats d’une enquête menée sur la question de la répartition des sexes dans les différents secteurs professionnels. Il y semblait parfaitement scandaleux que les femmes ne représentent qu’un pourcentage marginal dans les domaines de la conduite des poids lourds et de la maçonnerie, mais personne ne paraissait s’indigner de la sous-représentation des mâles chez les esthéticien(ne)s et dans l’enseignement primaire.

Une chose est sûre: je me réjouirai lorsque le jour des droits de la femme cessera d’être célébré. Cela signifiera que le féminisme revendicatif n’aura plus lieu d’être et que chacun aura trouvé sa place dans une certaine harmonie.

Mi. P.

 

1 http://pamphlet.ch/index.php?article_id=777.

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