Le grand méchant loup est-il végane?

La Vanguardia, quotidien espagnol, nous apprend, dans son édition en ligne du 11 avril, que l’école publique Tàber de Barcelone a retiré de sa bibliothèque deux cents contes considérés comme sexistes. Le Petit Chaperon Rouge, La Belle au Bois Dormant et la légende de saint Georges entre autres, ont été mis hors d’atteinte des petites têtes blondes, qui pourraient avoir l’esprit perverti par ces récits pleins de stéréotypes phallocrates.

La sélection a été faite par une association de parents et la «Commission de genre» –  ça ne s’invente pas – du centre scolaire. L’analyse des contenus a tenu compte du nombre de personnages masculins et féminins et des rôles qu’ils jouent. Les conclusions de ce groupe de travail sont incroyables. Il semblerait que les filles soient cantonnées dans des rôles de soins, de maternité et d’amour, alors que les garçons seraient plutôt représentés commettant des actes de bravoure ou des tours de force.

Ce sont donc trente pour cent de la bibliothèque qui ont été censurés, bien que des stéréotypes aient été détectés dans soixante pour cent des œuvres; mais la sainte inquisition de la bien-pensance a fait un tri pour ne pas laisser la bibliothèque vide (sic!). Une des personnes qui a travaillé sur ce projet a déclaré à la télévision: «On est très loin des bibliothèques égalitaires où les personnages masculins et féminins apparaissent pour moitié et où ils réalisent le même type d’activités (…).» L’histoire ne nous dit pas si les ouvrages ont été brûlés comme il se doit.

On serait mort de rire si cela n’était pas si préoccupant. Jusqu’où s’arrêteront-ils? comme disait Coluche. Aujourd’hui, on parle de sexisme dans les contes édulcorés que l’on sert à nos enfants, mais qu’en sera-t-il demain de la question de la maltraitance des animaux, avec le loup dont on ouvre le ventre pour y échanger la grand-mère du Petit Chaperon Rouge contre une pierre? de l’écologie, avec le Petit Poucet qui jette ses détritus dans la forêt? de la légalité, avec Cendrillon qui travaille au noir? de la maltraitance des seniors avec Hansel et Gretel qui s’en prennent à une vieille femme?

On vient de recevoir une dépêche de l’association faîtière des nutritionnistes, qui se plaint de la mauvaise publicité que Blanche Neige fait à la consommation des pommes. Il semblerait que certains enfants aient développé une phobie, qui se serait propagée à tous les fruits et légumes. On attend les conclusions du groupe de travail composé de psychologues, de représentants du gouvernement et de différentes ONG qui se penche actuellement sur cette épineuse question.

Michel Paschoud

Thèmes associés: Culture - Ecole - Egalité, discriminations - Jeunesse

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