Famille maltraitée

On est souvent tenté de mesurer l’intérêt d’un article au libellé de son titre.

Or les titres sont souvent trompeurs.

Le 4 avril, dans 20 minutes, l’un d’eux – Une famille afghane privée d’autorisation de voyager – laissait percer l’indignation et le chagrin du titreur.

Aussitôt, prise de compassion pour cette malheureuse famille brimée par une autorité implacable, je me suis lancée dans la lecture de l’article.

J’y ai découvert que cette famille, installée dans le canton de Vaud, ne se serait pas vu refuser une autorisation de voyager, mais un titre de séjour qui lui aurait permis de voyager et de rendre visite à des parents, ce qui est différent.

Arrivés en Suisse il y a dix ans, nos Afghans auraient bénéficié d’une admission provisoire, l’asile leur ayant été refusé en 2011. Depuis lors, la famille aurait vécu de l’aide sociale pour un montant de cinq cent mille francs et ne semblerait pas particulièrement bien intégrée. Le Service de la population, puis le Tribunal cantonal ont donc refusé de donner satisfaction à cette smala méritante.

Fort heureusement, cette dernière ne sera pas obligée de quitter la Suisse et pourra toujours recourir au Tribunal fédéral, puis, le cas échéant, à la Cour européenne des droits de l’homme.

Pourquoi s’en priverait-elle, après tout?

M. P.

Thèmes associés: Immigration - Justice - Médias

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