Peine de mort

Le 28 septembre 2008, Vincent Lambert, infirmier en psychiatrie de trente-deux ans, se trouve plongé dans le coma à la suite d’un grave accident de voiture. Depuis lors, il est dans un état qualifié de «végétatif», de «conscience minimale plus» ou de «pauci-relationnel», selon les médecins et les experts qui se crêpent le chignon à son propos. En d’autre termes, son cœur bat normalement, il respire sans l’assistance d’une machine, il est capable de fermer et d’ouvrir les yeux, puisqu’il dort la nuit et se réveille le matin, il n’est pas malade ni en fin de vie, mais il ne paraît pas conscient de ce qui se passe autour de lui, ne peut pas communiquer avec son entourage et doit être hydraté et nourri artificiellement.

Depuis plusieurs années, les clans de la famille de Vincent Lambert et ceux du corps médical s’entre-déchirent devant des instances judiciaires de plus en plus hautes sur la question de savoir s’il convient de maintenir le handicapé en vie ou s’il faut le faire mourir.

Ce qui me frappe d’abord dans cette affaire, c’est que les partisans du maintien en vie, dont les parents de l’intéressé, se heurtent à un acharnement vraiment féroce de la part de ceux, dont la femme de Vincent Lambert, qui veulent à toute force «laisser partir» celui-ci.

Nos lecteurs ne seront pas surpris que je me range du côté des protecteurs du droit à la vie.

Mais mon propos n’est pas de remettre sur le tapis la question de l’euthanasie.

La deuxième chose qui me frappe, qui me choque, devrais-je dire, est la méthode de mise à mort que compte utiliser la Faculté pour débarrasser la planète de l’encombrant handicapé: cesser de l’hydrater et de l’alimenter, c’est-à-dire le laisser mourir de faim et de soif, ce qui peut prendre un certain temps.

D’aucuns pourraient juger cette manière de faire particulièrement cruelle. Mais il n’en est rien, nous dit-on, car l’interruption de l’hydratation et de l’alimentation doit s’accompagner d’une sédation profonde et continue1. Il ne sentira rien le malheureux. Ah bon? Il aurait pu sentir quelque chose? Ne serait-il pas qu’un légume?

Comme d’habitude, on nage en pleine incohérence!

Tant qu’à tuer Vincent Lambert, si les derniers recours des parents devant les instances internationales aboutissent à la confirmation de sa condamnation à mort, ne serait-il pas plus simple et plus expéditif  de lui administrer une injection létale ou de l’«hydrater» au moyen de la potion de pentobarbital chère aux suicideurs d’Exit?

Ah mais non! Ce serait de l’euthanasie active! Là, il s’agit juste de le laisser s’en aller en paix!

Répugnante hypocrisie!

M. P.

 

1 https://www.letemps.ch/monde/affaire-vincent-lambert-conseil-detat-francais-valide-decision-darreter-soins.

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