LPP et après?

Les opposants à la baisse du taux de conversion du deuxième pilier l'ont emporté le 7 mars. Pourtant, il est nécessaire, pour assurer le système des trois piliers suisse, que le taux de conversion minimum soit en rapport avec l'espérance de vie et le rendement réaliste attendu des capitaux. L'avenir nous dira qui des optimistes ou des pessimistes étaient les plus proches de la réalité. Il est probable que le sujet reviendra sur le tapis un jour ou l'autre et la question de savoir comment assurer des rentes décentes se posera à nouveau. On pourrait bien entendu augmenter les cotisations des employés et des employeurs afin d'accumuler un capital plus important. Mais cette solution serait une charge supplémentaire pour l'économie qui n'en a pas besoin. On pourrait faire appel à l'Etat providence, mais il n'en a pas les moyens. Actuellement, les taux des cotisations sur le salaire coordonné sont progressifs: 7% entre vingt-cinq et trente-quatre ans, 10% entre trente-cinq et quarante-quatre, 15% entre quarante-cinq et cinquante-quatre, et enfin 18% entre cinquante-cinq ans et l'âge de la retraite. Cela signifie que le capital retraite grossit surtout à la fin de la vie active et que, dans les premières années, l'épargne et les intérêts sont peu de chose. Une solution pourrait être d'inverser la progression des cotisations en les rendant dégressives. Cela signifierait certes un sacrifice pour les jeunes employés qui verraient leurs revenus amputés de 9% (+ 9% payés par l'employeur) entre vingt-cinq et trente-quatre ans1. Mais par contre, grâce à ce système, le capital épargné serait plus important dès le début et surtout les intérêts composés sur le long terme permettraient d'obtenir un capital final plus important sans que le coût global sur la durée des cotisations n'augmente pour les entreprises. Avantages collatéraux: les salariés plus âgés n'auraient peut-être plus autant de difficultés à retrouver du travail, les coûts pour l'employeur ayant tendance à se réduire avec le temps; le capital disponible pour l'accession à la propriété du logement principal serait plus important et permettrait à des familles de devenir propriétaires au moment où c'est le plus opportun, aux alentours de trente-cinq ans.

Michel Paschoud


1 Cf. http://opinionslibres.blogspot.com/ (tableau en annexe). Nous proposons un taux de cotisation de 18% entre vingt-cinq et trente-quatre ans, 15% entre trente-cinq et cinquante-quatre ans et 10% entre cinquante-cinq ans et la retraite. Nous avons supposé une progression des revenus plus importante en début de carrière (4% par an jusqu'à quarante ans ans, 2% jusqu'à cinquante ans et 1% jusqu'à la retraite). La déduction de coordination serait revalorisée de 2% tous les deux ans.

Thèmes associés: Economie - Politique fédérale

Cet article a été vu 1666 fois

Recherche des articles

:

Recherche des éditions