La gauche, c’est la guerre

C’est «le» sujet du mois de juin et la presse, les médias et les politiciens en mal de reconnaissance veillent quotidiennement à ne parler que de cela: la grève des femmes. Celle-ci n’est pas une véritable grève, mais un mouvement de protestation féministe, une lutte sociale revendiquant l’égalité dans tous les domaines. Des inégalités – soigneusement sélectionnées parmi toutes celles qui parsèment le genre humain, et volontiers gonflées pour les besoins de la cause – sont mises en scène de manière dramatique, brandies comme autant d’injustices, dénoncées avec des accents colériques. Pour les militantes qui mènent le bal, il ne s’agit pas d’obtenir quelque chose de concret, mais de troubler la quiétude de la société, de bousculer son organisation et d’ébranler ses mœurs. Il s’agit de pousser les femmes à se poser en victimes d’une oppression et à pointer un doigt accusateur vers leurs oppresseurs: les hommes cisgenres.

En dressant ainsi les femmes contre les hommes et en entretenant une logique d’affrontement permanent, le féminisme actuel n’est qu’une version revisitée de la lutte des classes, avec son cortège de haine et de violence.

On pourrait en dire autant d’un autre thème qui a envahi notre quotidien depuis plusieurs années, mais qui connaît actuellement une montée en puissance, en particulier sous l’angle de la violence verbale: la crainte du changement climatique, désormais qualifiée d’«urgence» pour en accentuer le côté théâtral. Le principe est le même: derrière d’innombrables objectifs plus ou moins excessifs et plus ou moins justifiables, il y a la volonté de susciter dans la population un sentiment de panique et surtout d’injustice. Les générations passées, riches, profiteuses et pollueuses, menacent l’avenir des jeunes générations éco-responsables. Ces dernières doivent éprouver du ressentiment, de l’animosité, de la colère, voire de la haine. Les propos des activistes qui manifestent en faveur du climat («Extinction Rébellion» et consorts) ne laissent aucun doute à ce sujet.

Tirons encore un dernier parallèle avec ce combat déjà un peu plus ancien mais toujours très présent: l’antiracisme. Celui-ci, selon le même schéma que dans les exemples précédents, ne revendique pas un droit concret et précis, mais entretient une atmosphère revendicatrice et revancharde, en dressant systématiquement certaines communautés connotées positivement contre d’autres communautés connotées négativement. Il y a les gentils et les méchants, et on inculque aux gentils la nécessité de se rebeller contre les méchants, de les débusquer, de les pourchasser, de les harceler, voire de les haïr.

L’idéologie féministe, écologiste ou antiraciste suit une logique de haine et d’affrontement. Elle divise la société au lieu de la rassembler. En même temps, elle accuse habilement ses adversaires de tout cela. Le rusé François Mitterrand, qui se présentait comme un homme de gauche, avait déclaré en 1995: «Le nationalisme, c'est la guerre.» L’honnêteté intellectuelle veut qu’on lui retourne le compliment.

Pollux

Thèmes associés: Divers - Egalité, discriminations - Environnement - Politiques diverses

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