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Débarquement

Ils étaient touchants, ces anciens combattants français et américains, nonagénaires tremblotants dans leurs fauteuils roulants, la poitrine bardée de médailles, tous persuadés qu’ils avaient contribué à la victoire des Gentils sur les Méchants il y a septante-cinq ans.

Après septante-cinq ans, ils n’ont toujours rien compris. C’est d’ailleurs mieux pour eux qu’on ne leur explique plus rien aujourd’hui. C’est trop tard. Ils mourront (bientôt) avec le sentiment d’avoir libéré la France de la servitude et de lui avoir rendu sa liberté.

On sait pourtant aujourd’hui que si les Etats-Unis ont débarqué en Europe en 1944 ce n’était pas pour aider les démocraties à terrasser l’hydre nazie, mais pour étendre leur empire politique, économique, financier et militaire sur le Vieux Continent. C’est aujourd’hui chose faite: ce sont M. Donald Trump et les banquiers de la côte est qui composent la musique et c’est le monde entier qui doit chanter à l’unisson.

Le continent africain où l’homme blanc avait construit des routes, des dispensaires, des écoles et des tribunaux, est retombé à l’état semi-sauvage après la «décolonisation», soit après le remplacement des Européens par les compagnies pétrolières yankees.

Mais les Américains, s’ils ont la plus grande puissance militaire du monde, et un sens aigu des affaires, n’ont pas l’organisation et l’intelligence des peuples d’Europe, dont la Russie fait évidemment partie, ni la culture ancestrale, la patience et la subtilité des Chinois. C’est pourquoi l’Amérique a déjà perdu l’Afrique et se prépare à perdre l’Europe.

Elections européennes

Tous les électeurs ont compris que les élections au Parlement européen n’étaient en fait qu’un test de politique interne, puisque le Parlement européen n’est en réalité pas un parlement, dans la mesure où il n’a pas l’initiative législative. Il ne peut débattre d’une loi qu’à l’initiative de la Commission ou du Conseil. Le véritable pouvoir, c’est la Commission, constituée de personnages non pas élus, mais désignés par des gouvernements formés eux-mêmes de ministres souvent non élus.

En France, la surprise a été l’effondrement des socialistes et des républicains, ci-devant centre-gauche et centre-droite de la République. L’électeur a compris que la République en Marche du président Macron et le Rassemblement national de Mme Le Pen se disputaient la première place, et il a voté «utile» en fonction de ce schéma. Ceux qui n’étaient décidément attirés ni par l’un ni par l’autre ont voté pour la liste verte. Le président piloté par la finance internationale peut voir l’avenir avec sérénité. Sauf coup d’Etat par les Gilets jaunes ou une possible fusion de toutes les droites sous la bannière de Marion Maréchal,  il sera réélu en 2022.

Et en Suisse?

Le Conseil fédéral proclame qu’il veut «renégocier» l’accord-cadre institutionnel avec l’Union européenne, et cette dernière objecte qu’il n’y a rien à négocier, qu’il faut signer!

Le Conseil fédéral fait alors savoir qu’il s’agit juste de «clarifications», il supplie la Commission de ne pas se fâcher, et il écrit à M. Junker, dans une lettre du 7 juin: Le Conseil fédéral doit tenir compte des prochaines échéances, et en particulier de la votation populaire sur l'initiative populaire pour une immigration modérée (initiative de limitation qui demande la dénonciation de la libre circulation). Tout en s'opposant clairement à cette initiative, le Conseil fédéral se doit de l'inclure dans la réflexion sur la définition de sa politique à l'égard de l'Union européenne.

En d’autres termes: Moi, Conseil fédéral, suis prêt à m’agenouiller et à accepter vos exigences sur les trois points controversés, mais c’est ce salaud de peuple suisse qui résiste. Donnez-nous le temps de le mater!

Le même jour, le Conseil fédéral dit tout le mal qu’il pense de l’initiative dite «de limitation» et réitère l’avis que l’accord sur la libre circulation est indispensable à la Suisse. La messe est dite.

C. P.

Thèmes associés: Histoire - Politique fédérale - Politique française - Politique internationale

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