Les nouveaux Justes

Nicht Stimmenmehrheit ist des Rechtes Probe
Schiller: Maria Stuart, II, 3

Notre quotidien m’offre ce mercredi la réflexion d’une dame Sara Gnoni, conseillère communale à Lausanne du parti des Verts, qu’elle a intitulée Les négationnistes de la science deviennent ridicules.

L’auteur, une experte-comptable qui n’a aucune compétence particulière en matière de climatologie, pas plus que je n’en ai moi-même, d’ailleurs, nous explique avec aplomb qu’«il est désormais avéré que nous vivons la sixième grande extinction de notre planète».

La rhétorique est connue et bien rodée: d’abord, selon elle, ses contradicteurs soutiennent que «tout va bien et qu’il ne faut surtout rien changer», ce qui lui permet de les assimiler aux «terre-platistes» ou, pire, à des «négationnistes de la science». Il n’y a rien de tel, pour décrédibiliser l’adversaire, que de lui prêter une pensée ou un discours ridicule qui n’a jamais été le sien.

Les questions climatiques sont compliquées. On observe en plusieurs endroits un réchauffement atmosphérique incontestable, sans qu’on sache avec certitude l’origine de ce changement, et en d’autres endroits, comme dans le Montana et dans l’ensemble des Montagnes Rocheuses entre le 29 septembre et le 4 octobre, des tempêtes de neige et des chutes de température qu’on n’avait pas observées depuis 1934. Il en va de même dans l’Alberta canadien, au Nevada et dans l’Etat de Washington, où l’on observe une première chute de neige un 29 septembre, ce qui ne s’était pas vu depuis cent trente-huit ans. La Scandinavie est submergée par une vague de froid précoce.

Ces observations ne troublent pas les ayatollahs du climat, dont la foi est assise sur les dogmes suivants: 1. Nous vivons une période de réchauffement climatique inédite, jamais observée jusqu’à aujourd’hui. 2. Ce réchauffement est engendré par l’action (ou l’inaction) de l’homme, notamment par les émissions de gaz «à effet de serre» comme le dioxyde de carbone. 3. Il convient de prendre des mesures de façon urgente. 4. Même si les mesures que nous prendrons, à notre échelle locale, sont insignifiantes, nous devons montrer l’exemple.

Ces dogmes sont en partie objectivement faux, en partie des hypothèses sans certitude scientifique. C’est pourquoi la pimbêche qui traite les climato-sceptiques ou climato-réalistes de «négationnistes de la science» est elle-même totalement ridicule. Les Claude Allègre, François Gervais, Vincent Courtillot, Benoît Rittaud, Serge Galam sont des scientifiques éminents. Ils ne nient pas la science, mais les fables colportées par le GIEC et autres organisations internationales avides de gouvernance mondiale.

Car il n’est nul besoin d’être doté d’un don de double vue pour comprendre les ressorts de l’opération d’enfumage qui nous est proposée. Si la planète se détériore et que c’est l’activité humaine qui est à l’origine de ces dégâts, il faut modifier le comportement des hommes. Comme il n’est pas raisonnable d’attendre des mesures contraignantes laissées à la discrétion de chaque Etat, il faut une action concertée, centralisée, contraignante pour tous les Etats du monde. Il faut donc un gouvernement mondial, qui édictera des lois à valeur universelle et qui les fera appliquer. Qui mieux que l’ONU pourrait jouer ce rôle, elle qui dispose, parmi tous ses pantins au bout d’une ficelle, non seulement des experts dociles du GIEC grassement rétribués, mais aussi d’un petit Pinocchio suédois bien vivant, qui parle et s’agite sans les ficelles et qui subjugue les foules abruties?

Ni complot ni conspiration: tout se passe au grand jour, sous nos yeux qu’il suffit d’ouvrir. On nous terrorise avec des perspectives apocalyptiques qui nécessiteraient des mesures drastiques urgentes, alors que le vrai danger, pour l’Europe en particulier, mais pour la planète en général, est que les humains sont trop nombreux pour les ressources disponibles et que, avec un taux de fécondité moyen de 5 en Afrique (7,24 par femme au Niger), les migrations (ils s’annonceront comme des réfugiés climatiques) vont se poursuivre et les revenus diminuer partout.

C’est la situation que les Justes, les Chevaliers du Bien, les climato-fanatiques appellent de leurs vœux; c’est le choix nécessaire: soit la mise en place de la gouvernance mondiale (dans laquelle ils prendront une part active, en rapport avec leurs grandes compétences), qui saura diminuer drastiquement les émissions de CO2, soit la grande catastrophe climatique, les millions de noyés par élévation du niveau des mers, les millions de migrants africains, poussés par la faim et la soif, qui envahiront la Suisse pour y sucer les dernières gouttes d’eau suintant du glacier d’Aletsch.

Claude Paschoud

Thèmes associés: Environnement - Politique internationale

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