Décroissez et disparaissez!

Les commentaires laissés par des lecteurs à la suite des informations publiées sur internet sont révélateurs de certaines évolutions de notre société. Récemment, il était question d’un ours qui avait agressé et blessé un dompteur: tous les commentateurs se sont réjouis, en affirmant que c’était bien fait pour le dompteur. A une autre occasion, le transport par avion d’un organe pour une transplantation a soulevé un torrent de réactions négatives: notre planète étant surpeuplée, il est criminel de vouloir encore sauver des vies au prix d’un «bilan carbone» aussi catastrophique.

On assiste aujourd’hui à une forme de folie suicidaire du monde occidental. A l’adoration passionnelle des animaux (pour lesquels personne n’osera parler de «surpopulation») succède une haine maladive envers les êtres humains, mais principalement envers soi-même. Des gens toujours plus nombreux affirment qu’il y a trop de monde sur la Terre et qu’il faut donc cesser de faire des enfants. Les familles nombreuses commencent à être pointées du doigt. Les femmes qui se réjouissent de devenir mères ont de plus en plus de peine à partager leur joie avec leur entourage. La simple existence de couples hétérosexuels devient suspecte aux yeux du nouvel ordre moral. Après être devenu un droit, l’avortement finira-t-il par devenir une contrainte sociale?

L’Occidental moyen, rongé par ses innombrables peurs – de la surpopulation, de la surconsommation, du climat, de la pollution, des produits chimiques, des maladies, des inégalités sociales, des complots politiques –, n’a désormais plus qu’un seul rêve: se faire de plus en plus petit et de plus en plus invisible, pour finir par disparaître. La peur engendrant souvent la violence et la méchanceté, il est aussi prêt à violenter ses concitoyens qui ne le suivraient pas dans ce projet d’autodestruction. Et il laissera finalement la place aux «autres», à ceux qui savent que la force d’une civilisation se mesure à sa démographie, et qui continueront donc de peupler la planète.

Ainsi, le choc des civilisations, que l’on imaginait inéluctable, risque de ne pas se produire, faute de combattants, et la fin du monde ne sera jamais que la fin de notre monde.

Il reste à comprendre pourquoi, dans cette course au dépeuplement, nous aurions besoin d’un congé paternité.

Pollux

Thèmes associés: Société

Cet article a été vu 101 fois

Recherche des articles

:

Recherche des éditions