Eloge de la censure

La presse moderne vit d’un interdit qu’elle ne s’applique pas à elle-même, autrement dit du triomphe journalistique de l’arbitraire. Au nom de la liberté d’opinion, elle prétend assurer un régime de liberté de l’esprit. En fait, elle l’asservit, par la puissance illégitime d’un faux dogme, la souveraineté de l’opinion en tous domaines, qui n’est, en fait, qu’un régime occulte de la force.

Sans la vérité conçue et appliquée comme une valeur absolue, incontestable et contraignante pour l’esprit et les mœurs, la presse n’est rien d’autre qu’un instrument idéologique de domination. C’est, de fait, une dictature.

Les exemples ne manquent pas, car, sans le respect des valeurs spirituelles (religieuses en particulier), la presse nie que le domaine religieux dépende, lui aussi, pour sa connaissance objective, d’une saine rationalité. D’où l’assimilation par elle de ce domaine au registre purement subjectif de l’opinion. Sans le respect des valeurs morales objectives, la qualité des mœurs cesse non seulement d’être protégée, mais simplement transmise au public.

Aucune science ne pourrait survivre sans de telles règles, ni la physique, ni la chimie, ni les mathématiques. On mesure les conséquences théoriques et pratiques d’un tel mépris.

La presse moderne se refuse précisément à mesurer et même à percevoir ces conséquences dans les croyances et dans les mœurs. Libérée de telles entraves, hautement justifiées, la presse devient un instrument d’oppression et d’obscurantisme. Ne pas le voir, ne pas combattre ce phénomène, c’est renoncer purement et simplement à la dignité même d’être humain.

Michel de Preux

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