L’incendie et le colibri

Ayant appris qu’un incendie important s’était déclaré en ville, un colibri s’empressa d’aller puiser une goutte d’eau dans le lac tout proche et vola aussi vite qu’il put pour lâcher cette goutte sur le brasier.

A ceux qui se moquaient de lui, il répondait: «Je sais que mes efforts sont insignifiants, mais je fais ce que je peux, avec les moyens que j’ai. Je fais ma part!»

L’accident d’hélicoptère au Mali, où treize soldats français ont trouvé la mort, alors qu’avec moins de 4'500 personnes, la France a la prétention de pacifier un territoire grand comme l’Europe et qui couvre cinq pays, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Mali, le Niger et le Tchad, m’a fait songer au sympathique colibri.

On a dit que ces braves militaires étaient «morts pour la France», leur fin brutale en a fait des héros… et à titre posthume des chevaliers de la Légion d’honneur. Mais leurs mamans se demandent encore, comme Géronte dans Les Fourberies de Scapin, ce qu’ils étaient allés faire dans cette galère.

La France a la prétention de vaincre le terrorisme en Afrique, alors même qu’elle n’est pas capable (ou pas décidée) à vaincre le terrorisme dans ses propres banlieues. Sans doute, sur le plan international, elle fait sa part, comme le colibri, mais elle est tragiquement seule à la tâche et l’incendie ne semble pas en voie de maîtrise!

Les deux hebdomadaires parisiens de droite sans publicité, Minute et Rivarol, ne sont pas du même avis. Le premier soutient qu’il faut persévérer, le second qu’il faut quitter le théâtre d’opération. Je penche moi-même pour le retrait, compte tenu de l’impossibilité de remplir la mission avec les moyens mis à disposition.

L’Europe a perdu depuis longtemps sa vocation colonisatrice (et beaucoup s’en réjouissent) comme l’Eglise a abandonné sa mission d’évangélisation. On ne fait plus chanter dans les petites écoles des chants de Noël pour ne pas choquer la sensibilité des petits camarades d’autres confessions. On ne parle même plus de Noël, mais de la Fête du Sapin. La laïcité est devenue la religion officielle voulue par la franc-maçonnerie depuis la Révolution.

Les Européens se sont retirés, ou ont été chassés, d’Afrique du Sud, de Rhodésie, d’Algérie comme ils ont dû abandonner l’Orient. Non seulement ils n’osent plus revendiquer les bienfaits apportés dans des contrées occupées avant leur arrivée par des tribus incultes et sauvages, les routes construites, les hôpitaux, les écoles et les lignes de chemin de fer, mais ils prient qu’on leur pardonne leur présence, qualifiée de crime contre l’humanité!

Soit qu’ils soient moins aventureux, ou qu’ils ne se soient pas sentis les dépositaires d’une civilisation remarquable à répandre dans le monde, les Suisses n’ont pas créé de colonies. Sans doute leur absence d’accès à la mer est-elle aussi pour beaucoup dans ce choix, mais ce «repli sur soi» nous a dispensés des drames de la décolonisation.

Aujourd’hui, disent les gens de gauche, il faut penser global, mondial. La fable du réchauffement climatique anthropogénique est l’argument pour démontrer qu’on ne peut plus raisonner en termes d’Etats, de nations, de collectivités locales.

Les scientifiques qui manifestent un doute sont ostracisés, injuriés, réduits au silence. «On ne peut contester la science», proclament ceux qui voudraient nous faire croire que la science a démontré l’action prépondérante de l’homme dans le réchauffement actuel, ce qui n’est nullement le cas. Il faut des actions concertées au niveau mondial! Mais ni la Chine ni les Etats-Unis ne veulent participer! Qu’importe: comme le petit colibri, nous devons faire notre part. Notre influence sera de 0,004% sur l’ensemble des émissions mondiales de gaz dits «à effet de serre», c’est peu, mais c’est déjà ça! Ne nous décourageons pas! Tous avec Greta!

Claude Paschoud

Thèmes associés: Environnement - Politique française - Politique internationale

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