Efficacité verte

Les Verts neuchâtelois sont tout marris, ébaubis et perplexes: la mobilité motorisée individuelle – ah! qu’en termes galants on désigne le recours à un véhicule privé! – ne cesse d’augmenter dans le canton, tandis que le nombre de kilomètres parcourus en transports publics est en baisse.

Que faire? Que faire?

Bon sang, mais c’est bien sûr! Il suffit de taxer les parkings et les automobilistes courront prendre le bus ou s’acheter un vélo!

Les Verts sont passés maîtres dans l’art d’aligner des noix sur des bâtons, ce qui leur évite le fatigant exercice de la réflexion. Ils ne vont donc pas chercher le pourquoi du phénomène qu’ils dénoncent. Ils ne vont pas se demander, par exemple, si les transports publics sont trop chers ou si la desserte de certaines zones est insuffisante, voire inexistante. Ils veulent obtenir de gré ou de force ce qu’ils appellent poétiquement le «report vers la mobilité douce». Et comme ils honnissent les véhicules à moteur privés, sauf quand ils en conduisent un eux-mêmes, ils persécutent les automobilistes, sans obtenir le moindre résultat, d’ailleurs.

On a connu, il y a quelques années, à Lausanne et environs, une mode «verte» consistant, au nom de la lutte contre la pollution, à élargir les trottoirs pour supprimer les présélections aux abords des giratoires et autres carrefours, puis à supprimer les places en retrait qui permettaient aux bus de s’arrêter sans entraver la circulation. Pour faire bon poids, on a construit, en divers endroits, à la hauteur des arrêts, des bermes centrales, qui déjouent toute velléité de dépassement. Désormais, s’il a la malchance de se trouver derrière un bus, l’automobiliste est condamné, sur certains tronçons, à rouler au rythme des transports publics, c’est-à-dire lentement.

J’habite un quartier qui «bénéficie» de toutes ces mesures anti-pollution. Je constate que la circulation automobile a ralenti sans diminuer pour autant et pollue donc davantage; que les attentes aux carrefours ont augmenté avec le même résultat et que, parfois, l’odeur des gaz de voitures est perceptible au point d’en être gênante.

Si les élus verts du Parlement fédéral, à qui leur récent succès électoral est monté à la tête, n’ont rien de plus intelligent à proposer que des taxes et de coûteuses brimades, ils retourneront dans quatre ans à leur insignifiance, à la satisfaction générale.

C’est tout le bien que je leur souhaite.

M. P.

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