Désinvolture

Dans un pays plurilingue, la question de la traduction des documents officiels est un sujet délicat, surtout quand l’une des langues est majoritaire. Les membres des minorités linguistiques n’apprécient  pas qu’on leur livre des traductions approximatives. Ils y voient de la désinvolture, voire du mépris.

Aussi, ayant appris, en lisant mon quotidien gratuit habituel le 19 décembre, que, à partir de janvier 2020, certains textes administratifs fédéraux seraient traduits – à partir de l’allemand, pour la plupart, cela va sans dire – par un logiciel informatique, j’éprouve une légère inquiétude. Je ne suis pas opposée par principe aux logiciels de traduction, qui se sont beaucoup améliorés ces dernières années, mais je me demande ce qu’on entend à Berne par une traduction «acceptable du point de vue qualitatif, pour autant qu’il s’agisse de comprendre un texte général».

Pourquoi les destinataires – de langues romanes, pour la plupart, cela va sans dire – d’une traduction devraient-ils se contenter de textes «acceptables»? Pourquoi n’auraient-ils pas droit à des textes vraiment bien traduits? Et pourquoi un «texte général» mériterait-il une traduction moins soignée qu’un texte spécial? Est-ce à dire que les textes généraux n’ont pas grande importance? qu’on pourrait à la limite s’en passer?

On se perd en conjectures sur les desseins de Leurs Excellences…

Mais il est douteux que cette mesure, qui, comme par hasard, entraînera vraisemblablement des économies aux dépens des minorités linguistiques, renforce la fameuse «cohésion nationale».

Thèmes associés: Politique fédérale

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