Panneaux de discorde

Jusqu’à une époque récente, les panneaux bleu, noir et blanc placés à proximité des passages de sécurité de la ville de Genève portaient, en noir, l’image d’un bonhomme à chapeau. Pareille situation n’était plus supportable à notre époque de progrès social!

Mme le maire de Genève Sandrine Salerno, socialiste et féministe tendance échevelée, est donc toute fière et toute réjouie d’avoir fait remplacer la moitié des panneaux machistes par une signalisation représentant différents types – oups! différentes sortes – de bonnes femmes sans chapeau.

Cette opération a coûté 56’000 francs à la Ville de Genève – plus exactement aux contribuables genevois, qui dans leur immense majorité n’avaient rien demandé –, mais c’est évidemment une bagatelle au regard du progrès réalisé en faveur de la cause des femmes.

L’ennui, c’est que presque personne n’est satisfait. Les radins rouspètent parce qu’on gaspille leurs impôts; les femmes libérées se plaignent des jupes et robes que montrent certains panneaux– stéréotypes de genre; les vieilles dames sont fondées à s’offenser qu’on les représente avec une canne – stéréotype d’âgisme; seuls les messieurs ordinaires, les animaux de compagnie, les lézards, les grenouilles et quelques autres grands oubliés de cette galerie de portraits, ferment leur clapet, de crainte d’éclater de rire peut-être.

S’il était vraiment nécessaire de faire injure au bon sens en entrant dans les délires de quelques excitées soutenues par quelques niais, quelques bobos et quelques démagogues, la Ville de Genève aurait pu se contenter de panneaux comportant uniquement les lignes noires du passage de sécurité sur fond blanc et bleu.

Mais c’eût été trop simple et c’eût manqué de moulins stéréotypiques à combattre.

M. P.

Thèmes associés: Egalité, discriminations - Facéties - Politique genevoise

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