Le changement, c’est aujourd’hui

Le monde change. Ce n’est un secret pour personne, mais ce qui ne saute pas forcément aux yeux, c’est la vitesse du changement. Il y a encore deux ans, je n’achetais quasiment rien sur internet. Aujourd’hui, quel que soit mon désir, Amazon le satisfait en quelques heures. Plus besoin de me déplacer dans le centre commercial le plus proche. Au beau milieu de la nuit, depuis mon téléphone, je peux commander à peu près n’importe quel objet.

Alors, c’est vrai, on est en droit de se lamenter sur la mort du commerce de proximité, mais ce genre de chamboulement dans les habitudes de consommation n’est probablement pas une chose contre laquelle on puisse agir de manière efficace. Certains métiers sont appelés à disparaître comme ce fut le cas des dames du téléphone ou des sténographes avec l’amélioration de la technique. La grande différence, c’est qu’aujourd’hui le changement est extrêmement rapide. Ce n’est pas pour rien que l’on voit surgir certaines initiatives prônant un revenu universel, une mauvaise solution pour un vrai problème. L’automatisation de nombreuses tâches va mathématiquement générer un niveau de chômage élevé que l’apparition de nouveaux métiers ne pourra pas compenser. En effet, on ne parle pas de la lente disparition de quelques métiers obsolètes, mais de la disparition de certains types de tâches ne demandant pas un niveau de compétence élevé. Les personnes qui aujourd’hui encore gagnent leur vie de cette manière ne pourront pas facilement se recycler.

Que faire donc? Chercher à freiner le mouvement en mettant des barrières fiscales à l’innovation? Punir les entrepreneurs qui automatisent des tâches en augmentant leur part dans le versement des charges sociales? On peut gager que tout ce qui impliquera une augmentation des recettes fiscales sera vu d’un bon œil par la gauche.

Le capitalisme étant l’alliance du travail et du capital, cette relation implique une certaine osmose. L’un ne survit pas sans l’autre. On est donc en droit d’attendre des entreprises un exercice de responsabilité vis-à-vis de leurs collaborateurs, afin d’organiser une transition en douceur. On peut imaginer que, si un nouveau programme informatique permet de faire une certaine tâche en deux fois moins de temps, l’entrepreneur pourra choisir de partager ce bénéfice entre ses actionnaires et ses employés, réduisant la journée de travail pour un revenu proportionnellement plus élevé, au lieu de mettre la moitié de son équipe à la porte.

Il est enfin un point essentiel pour construire la société de demain: la formation de nos chères têtes blondes. S’il est vrai que l’école doit nous préparer à affronter les défis qui nous attendent, alors il faut admettre que l’apprentissage de connaissances encyclopédiques n’est plus d’actualité. Loin de moi l’idée de faire un plaidoyer pour les méthodes pédagogiques de l’élève au centre; les enfants doivent apprendre de leurs maîtres avant de pouvoir exprimer leurs propres aptitudes. Mais il est temps de réfléchir aux compétences dont vont avoir besoin nos enfants lors de leur entrée dans la vie active.

Il est évidemment impossible de donner une réponse définitive à cette question, mais on peut explorer quelques pistes. Il est peu probable que l’apprentissage par cœur des capitales africaines soit indispensable, étant donné que cette information se trouve en moins de quinze secondes sur internet. En revanche, résoudre des situations de manière créative, savoir communiquer et faire preuve d’esprit critique sont quelques-unes des compétences qui à mon sens devraient faire partie du cursus scolaire obligatoire.

Michel Paschoud

Thèmes associés: Ecole - Economie - Société

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