Crypto AG

Interrogée sur le scandale de Crypto AG, Madame la présidente de la Confédération réserve son avis jusqu’au moment où les faits seront établis.

Mais ils le sont et depuis longtemps! Et la réponse que Mme Sommaruga donne au journaliste est une démonstration de sa lâcheté ou de son incompétence.

Crypto AG est une entreprise spécialisée dans le chiffrement des messages, et dont les clients étaient les chancelleries et les services secrets du monde entier, soucieux de préserver le secret de leur correspondance. Le hic, c’est que les propriétaires de cette entreprise étaient la CIA et les services secrets allemands, qui avaient truqué les appareils pour se permettre, à eux-mêmes, de prendre connaissance des messages des clients via une «porte dérobée» indétectable.

Les Américains (et les Allemands, jusqu’en 1990), espionnaient les Etats du monde grâce à une technique suisse acquise en toute confiance auprès d’une entreprise helvétique ayant pignon sur rue.

Informé du scandale, le Conseil fédéral ne réagit pas et M. Kaspar Villiger, à l’époque chef du Département militaire fédéral, affirme encore aujourd’hui qu’il ne savait rien, alors même que Mme Viola Amherd, actuelle patronne de la défense, proclame le contraire.

Le plus consternant de cette affaire, et le plus inquiétant pour notre défense, c’est que M. Villiger est probablement de parfaite bonne foi: une note a bien été transmise au Conseil fédéral et personne n’a songé à attirer expressément son attention sur l’importance de l’objet. La note sera restée sur une pile, parmi d’autres pages A4, entre une information sur la panne de l’ascenseur du jeudi précédent et la démission de la femme de ménage.

C. P.

Thèmes associés: Politique fédérale - Politique internationale

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