Gogues et regogues

Il n’y a plus rien à faire dans le canton de Vaud en matière d’instruction et de formation. En effet, grâce aux diverses réformes introduites depuis le milieu du siècle dernier, toutes mieux-faisantes les unes que les autres évidemment, notre système d’enseignement est parfait. Les autorités scolaires peuvent donc enfin se pencher sur un sujet essentiel: les toilettes des établissement cantonaux du secondaire II – les bâtiments scolaires de l’école obligatoire relèvent de la compétence des communes1.

En gros, il s’agit de fournir aux quelques transsexuels qui acquièrent une formation postobligatoire dans les écoles cantonales la possibilité d’aller au petit coin sans se sentir gênés.

La tête me tourne: à peine ai-je assimilé l’absolue nécessité des «toilettes inclusives» destinées à tout le monde sans distinction d’orientation sexuelle, sans discrimination donc, que le directeur général de l’enseignement postobligatoire vaudois souligne dans la presse le malaise que peuvent éprouver les «trans» dans les toilettes classiques, c’est-à-dire celles où l’on risque de rencontrer des gens ordinaires! Où courir? Où ne pas courir?

Heureusement, «un groupe de travail va se pencher dans les prochains mois sur la question dans le cadre de la construction des deux futurs gymnases vaudois (…)». Nul doute que sera trouvée une solution aussi intelligente que celle des panneaux genevois; par exemple, des WC pour les dames femmes, des WC pour les messieurs hommes, des WC pour les dames hommes et des WC pour les messieurs femmes. De la sorte, tout le monde se sentira à l’aise dans les toilettes des établissements cantonaux, ce qui constituera une grave défaite pour l’inclusivité, mais un grand progrès pour tous les jeunes gens en formation, qui, comme chacun sait, passent leur vie dans les goguenots à l’abri de tout désagrément.

Plus sérieusement, ce qui me dérange dans cette histoire, qui serait anecdotique si elle n’impliquait pas une détestable fausse sollicitude doublée d’un sérieux gaspillage de temps et d’argent, c’est son caractère injurieux à l’égard des transsexuels: on les juge incapables de supporter un léger malaise momentané et, sous couleur de le leur épargner, on envisage des solutions que les désigneront aux malveillants plus clairement qu’un écriteau autour du cou.

M. P.

 

1 https://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/Vers-l-introduction-de-WC-pour-transgenres-a-l-ecole-11210931.

Thèmes associés: Ecole - Egalité, discriminations - Facéties - Politique vaudoise

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