Pauvres vieux!

20minutes du 9 avril se penche sur les moyens de paiements à la caisse des magasins et constate qu’un nombre croissant de commerçants refusent l’argent liquide pour se protéger ou protéger leur personnel contre le virus en couronne.

Ils n’ont pas le droit de le faire, puisque, ainsi que l’indique d’ailleurs le quotidien, l’article 3 de la loi fédérale sur la monnaie et les moyens de paiement stipule que toute personne est tenue d’accepter en paiement jusqu’à 100 pièces suisses courantes (al.1) et les billets de banque suisses sans limitation de la somme (al. 2).

Le lecteur de 20 minutes découvre sans surprise que «ceux qui ont le plus de mal sont souvent des personnes âgées ou très jeunes et celles ne possédant pas de carte de crédit». En fait, le plus souvent, les premières sont les mêmes que les secondes.

Notre société de progrès oublie que tout le monde ne possède pas de carte bancaire. En sont dépourvus notamment les enfants et adolescents dont le seul revenu est l’argent de poche qu’ils reçoivent de leurs parents. N’en ont pas non plus les personnes trop âgées pour  comprendre le mode d’utilisation d’une postcard ou d’une carte visa et, a fortiori, celui d’applications comme Twint, qui permettent de payer via un ordiphone. D’ailleurs, pour beaucoup de ces gens d’une autre époque, l’achat à crédit n’est tout simplement pas concevable. En outre, ils ne possèdent pas de téléphone mobile.

On se demande bien comment ces personnes peuvent régler leurs achats si des commerçants timorés ne veulent pas de leur argent.

Oh, bien sûr, elles pourraient se faire accompagner d’un membre de leur entourage plus au fait des techniques modernes. D’ailleurs, on se demande ce qu’elles font dans les magasins: elles devraient rester cloîtrées chez elles – ne font-elles pas partie des groupes à risques? – et cesser de compliquer la vie des honnêtes gens. En plus, des foules de bénévoles s’offrent à leur apporter ce dont elles ont besoin. Que demander de plus?

Elles n’en sont pas moins défavorisées, puisqu’on leur conteste la liberté d’aller faire leurs achats, histoire de prendre l’air, et d’y aller seules, en les emprisonnant sous couleur de les protéger.

Où donc ont passé les combats contre les inégalités, l’injustice sociale, les discriminations et la liberté de vivre et mourir dans la dignité?

M. P.

Thèmes associés: Egalité, discriminations - Société

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