De la crise sanitaire à la menace révolutionnaire

Les idées révolutionnaires peinent à s’imposer quand tout va bien. Lorsque les gens sont relativement contents de leur sort, il est difficile de les convaincre de détruire le monde dans lequel ils vivent, et de leur en promettre un nouveau, forcément meilleur. On peut bien essayer de susciter une certaine dose de mécontentement artificiel; ça marche avec certaines personnes, mais ça ne suffit généralement pas.

C’est pourquoi la moindre crise, la moindre «situation particulière», apparaît aux révolutionnaires comme une occasion inespérée: les personnes inquiètes et déstabilisées sont plus nombreuses, et plus réceptives aux promesses d’un avenir radieux. C’est dans ces moments-là que le «grand soir» devient possible.

On a encore pu le constater durant ces deux derniers mois. Les prophètes d’un monde nouveau et d’une société différente, plus respectueuse et plus égalitaire, s’en sont donné à cœur joie. Ils ont tenté de convaincre la population que la vie d’avant était affreuse et malheureuse et que le moment de la grande rupture était venu.

Faut-il leur en vouloir? Après tout, ils font ce que font tous les politiciens: ils exploitent les craintes et les désirs populaires dans l’espoir d’obtenir ce qu’ils veulent. Seulement, il ne s’agit pas ici d’obtenir un inoffensif succès électoral; l’enjeu, cette fois, est un bouleversement de notre manière de vivre, une vraie révolution, avec son lot de promesses intenables, de victoires inventées, de décors en carton-pâte, de violences verbales ou physiques, de goulags intellectuels et matériels, de mise au pas des individus et de chasse aux ennemis du Progrès. Une révolution avec son lot d’idéologues frappadingues, saluant un virus «salutaire» et appelant le gouvernement à conserver indéfiniment les pleins pouvoirs.

Voilà ce qui nous menace en cette période où les esprits se perdent, s’affolent et se laissent abuser par de doucereux prêcheurs, en oubliant les leçons de l’histoire. Le coronavirus, en comparaison, c’est une promenade de santé.

Pollux

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