Gratitude

Chaque fois qu’un organisme nous communique, par écrit ou par haut-parleur, une nouvelle désagréable, l’annonce se termine par ces mots: «Merci de votre compréhension.»

Dans les transports publics lausannois, qui viennent de revenir à la normale, des voix de synthèse exhortent à tout moment les usagers à être «responsables ensemble» en se soumettant aux mesures de sécurité anti-coronavirus et terminent invariablement leur bavardage – inutile à en juger par le comportement «irresponsable» de très nombreux voyageurs – par ces mots: «Merci de votre collaboration.»

Mais pourquoi donc les auteurs des messages diffusés nous font-ils part de leur gratitude? Où pêchent-ils la conviction que les destinataires de leurs annonces ont envie de comprendre quelque chose et de collaborer avec quelqu’un?

Dans une vie antérieure, quand j’apprenais que je devais rentrer chez moi à pied parce qu’une manifestation bloquait la place Chauderon, la place Saint-Fançois ou les deux, le «merci de votre compréhension» des transports publics lausannois – qui n’y pouvaient rien, il est vrai – me plongeait dans une colère noire.

Aujourd’hui, si je «collabore» – oh! le vilain mot! –, ce n’est pas pour m’attirer la reconnaissance des T.-L, mais pour des raisons personnelles.

Les gens qui prétendent nous imposer des comportements devraient comprendre qu’il ne suffit pas de dire merci d’avance aux moutons qu’ils voient en nous pour obtenir notre consentement.

M. P.

Thèmes associés: Humeur - Société

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