Preuves à l’américaine

La presse en a fait des gorges chaudes: le 3 mai, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo affirmait détenir un nombre de preuves significatif et même des «preuves immenses» attestant que le virus en couronne était parti d’un laboratoire de la ville chinoise de Wuhan, premier foyer de l’épidémie promue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au rang de pandémie, puis, par la propagande politique et journalistique, à celui de crise sanitaire sans précédent. Quelques jours plus tard, le 6 mai, le «ministre des affaires étrangères» du président Donald Trump récidivait, tout en admettant qu’il n’y avait pas de certitude.

On se perd en conjectures sur l’état du cerveau de M. Pompeo, qui ne voit pas de contradiction entre un nombre de preuves important et une absence de certitude.

Les Etats-Unis n’ont pas produit un seule des preuves annoncées par leur secrétaire d’Etat. Pourquoi?

Les Chinois, ces culottés, prétendent qu’ils n’en ont pas. Qui croire?

Cette histoire n’est pas sans rappeler le discours que le général Colin Powell, alors secrétaire d’Etat du gouvernement Bush junior, prononça devant le Conseil de sécurité de l’ONU le 5 février 2003: il avait, lui, «prouvé» l’existence en Irak d’armes de destruction massive. On connaît la suite.

Colin Powell a reconnu plus tard que ces preuves n’en étaient pas…

M. P.

Thèmes associés: Politique internationale

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