Editorial

Le Parti démocrate-chrétien (PDC) manque de clientèle. Il est vrai que l’étiquette «chrétien» vous a un petit côté ringard du plus mauvais effet et prive de toute évidence ce mouvement politique d’électeurs qui, tout en partageant ses «valeurs», ne sont pas chrétiens et  ne veulent surtout pas qu’on les prenne pour tels.

Dans ces conditions, comment donc se faire rassembleur des électeurs de tous les bords et de tous les milieux? Parbleu! Il suffit de changer de nom et, éventuellement – rien n’est encore décidé –, de fusionner avec un autre parti également exsangue. Le Parti bourgeois démocratique (PBD) est un allié tout trouvé, qui n’a jamais vraiment décollé après sa  création consécutive à la trahison d’Eveline Widmer.

A la suite, sans doute, de nombreuses réflexions et consultations, les dirigeants du PDC ont décidé que, sous réserve de l’approbation de ses membres, le nouveau parti s’appellerait Le Centre. On reste confondu devant pareille originalité, et ceci d’autant plus que le parti rénové compte se fonder sur les «valeurs» de Liberté, de Solidarité et de Responsabilité. Il est vrai que ça ne mange pas de pain et que ça peut attirer quelques électeurs précédemment rebutés par la servitude, l’égoïsme et l’irresponsabilité que proposait ce bon vieux PDC.

C’est la mode en démocratie parlementaire: quand un parti est en perte de vitesse, il change de nom et/ou propose une fusion. C’est ce qui a permis la naissance du Parti libéral radical, qui allie les défauts des deux défunts partis dont il est issu, sans que la vie politique suisse en soit sensiblement modifiée, d’ailleurs.

Qu’est-ce qui pourrait attirer durablement les citoyens vers un parti dont le nom même indique qu’il cherchera toujours des solutions consensuelles, qu’il ménagera la chèvre et le chou, qu’il n’osera jamais se préoccuper des véritables préoccupations d’une population qui voudrait bien que, de temps en temps, on cesse de lui parler de Liberté, de Solidarité et de Responsabilité pour s’occuper de ses bêtes besoins quotidiens, tels que l’excès de bruit dans les quartiers «multiculturels», la saleté dans les rues, les motards assourdissants et les cyclistes envahissants?

Pour attirer des électeurs, quel que soit le nom qu’on porte par ailleurs, il faut inspirer confiance et espoir. En ce qui concerne Le Centre, on ne voit rien venir.

D’ailleurs, le centre politique est déjà occupé dans notre chère Helvétie: n’avons-nous pas l’Union démocratique du centre?

Mariette Paschoud

Thèmes associés: Politique fédérale

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