Pas de panique, on subventionne

On a coutume de dire que la vie n’a pas de prix. C’est ce qu’on va voir. Les efforts démesurés pour faire barrage à l’épidémie de la grippe 2020 nous laissent avec une économie fortement touchée et une inévitable augmentation de la dette publique des pays de la zone euro, dont certains n’avaient vraiment pas besoin.

Si je me souviens bien, le traité de Rome avait fixé les règles du jeu, à savoir pas plus de 3% de déficit et pas plus de 60% d’endettement par rapport au PIB. Fin 2019, une bonne partie des membres les plus importants de la zone euro dépassaient très largement ces ratios. La France comme l’Espagne frisaient les 100% d’endettement, le Portugal et l’Italie les dépassaient largement et la Grèce crevait les plafonds avec un taux de 177%1. Compte tenu de la contraction économique attendue et des milliards de subventions qui ont été promis pour stimuler la relance, il ne fait aucun doute que ces chiffres vont s’aggraver.

Car n’oublions pas que, depuis la création de la Banque centrale européenne (BCE), ni l’Union européenne ni les Etats membres n’ont le pouvoir de créer de l’argent. Ils vont donc devoir l’emprunter sur le marché et creuser la dette publique. Compte tenu du fait que les gouvernements, poussés par leurs ambitions électoralistes, ne semblent enclins ni à réduire leurs dépenses ni à favoriser la création de richesses par l’économie, on se perd en conjectures sur la manière de sortir de ce bourbier.

Premier scénario: l’Allemagne, la Suède, les Pays-Bas et les petits pays du Nord, lassés de voir la désinvolture avec laquelle les mauvais élèves du Sud gaspillent les ressources communes, se retirent de la partie, provoquant la fin de l’Union européenne et le retour aux monnaies nationales. Grâce à leur autonomie monétaire retrouvée, les pays les plus endettés dévaluent, devenant ainsi plus compétitifs et attirant les capitaux extérieurs.

Deuxième scénario: les pays de la zone euro, avec la complicité de la BCE, inondent d’euros le marché des capitaux, provoquant une inflation soutenue qui réduira par sa seule existence l’endettement des Etats. Cette stratégie étant celle qui a été mise en place ces dernières années sans grand succès, il est probable qu’elle puisse être écartée.

Troisième scénario: Monsieur Jean-Jacques Martin, citoyen lambda de l’Union européenne, se fait la réflexion, au moment de payer son pain, que «c’est quand même extraordinaire que ma boulangère accepte de prendre ce bout de papier en échange de cette bonne baguette croustillante!» Poussant la réflexion un peu plus loin, il se demande ce qui fait que ce bout de papier vaut autant, et comprenant que ce qui lui donne de la valeur c’est la confiance que chacun y met et la garantie de l’Etat, il décide d’investir toutes ses économies dans une monnaie plus sûre comme le baht thaïlandais. Il partage sur Facebook, fait le buzz, et provoque la fin de l’euro.

Vous pouvez nous faire profiter de vos propres scénarios sur la page Facebook du Pamphlet: https://www.facebook.com/wwwpamphletch.

Mi. P.

 

[1] Source: https://fr.tradingeconomics.com/country-list/government-debt-to-gdp?continent=europe.

Thèmes associés: Economie - Politique internationale

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