Encore le GSsA

Toujours convaincu que les guerres n’existeraient plus si les armes disparaissaient, le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) veut que soit interdit le financement des entreprises dont la production de matériel de guerre dépasse 5%.

J’ai peut-être mal cherché, mais je n’ai trouvé aucune liste de ce qui est considéré comme du matériel de guerre. Cette imprécision à elle seule me déplaît. Comment veut-on que les citoyens se prononcent si on ne leur dit pas exactement de quoi il retourne?

Il y a notamment les bombes, les armes à feu, les canons, les chars, les avions de combat, évidemment. Mais va-t-on interdire aussi le financement des entreprises qui fabriquent des uniformes, des tenues de combat, des bottes, des casques, des masques de protection, des instruments de précision à usage à la fois civil et militaire, des toiles de tentes, des filets de camouflage, des couteaux militaires – sans tire-bouchon! –, par exemple, tous objets indispensables à une armée apte à défendre le territoire d’un pays, du nôtre, en particulier? On voudrait le savoir.

L’armée suisse mène en ce moment une guerre sans merci contre un ennemi impitoyable, selon une stratégie toute nouvelle: la guerre en charentaises, qui consiste à supprimer tous les cours de répétition pour protéger nos valeureux soldats d’un adversaire méchamment couronné. Il est évident que si ce type de défense devait s’appliquer à une guerre classique, le GSsA serait fondé à proposer des mesures propres à affaiblir davantage encore la défense nationale.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Il convient donc de rejeter, le 29 novembre, l’initiative «Pour une interdiction du financement des producteurs de matériel de guerre».

Mariette Paschoud

Thèmes associés: Armée - Economie - Politique fédérale

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