Facétie

En 1972, les rédacteurs du Pamphlet avaient tous largement moins de trente ans et ne reculaient pas devant les canulars. Un de ceux qui les amusa le plus fut leur dépôt du titre 24 heures à la Chancellerie de l’Etat de Vaud en janvier 1972. Voici l’encadré qu’on trouvait en page 1 du no 11:

Les dernières (24) heures
de «La Feuille d’Avis de Lausanne»

S’avisant un jour avec horreur que le public parisien ignorait les noms de MM. Jacques Pilet et Raymond Pittet, les têtes pensantes du CIAG en conclurent que seul le titre Feuille d’Avis de Lausanne empêchait ce digne quotidien d’atteindre à l’audience internationale à laquelle son poids devait lui donner droit.

On décida donc en grand secret de débaptiser La Feuille et de lui donner le nom charmant de «24 HEURES».

 La marque est déposée au Bureau fédéral de la propriété intellectuelle, à Berne, le 16 août 1971 à 20 heures sous le No 254241 et paraît dans la Feuille officielle suisse du commerce No 255 le 1er novembre 1971.

Tout est prêt à l’avenue de la Gare 33: on n’hésite plus qu’au sujet du sous-titre: sera-ce «Le plus fort tirage des quotidiens romands» ou «Le grand quotidien suisse»?

On avait juste oublié une chose: la publication des journaux est soumise à une loi vaudoise sur la presse du 14 décembre 1937 qui dispose, en son art. 2, al. 2:

Aucun journal ou écrit périodique ne peut être publié dans le canton avant que son titre, (…) aient été communiqués à la Chancellerie d’Etat.

Par souci de discrétion, on remit cette formalité et un autre éditeur déposa le journal «24 Heures» à la Chancellerie le 14 janvier 1972.

Le graphisme de son titre n’avait bien sûr aucun rapport avec celui déposé à Berne par M. Lamunière, ce qui lui donne d’autant plus le droit de paraître que son volumineux confrère, lui, n’existe pas encore.

Les juristes de La Feuille s’arrachent les cheveux… 24 heures sur 24!

C. P.

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