Réussite scolaire

Je lis quotidiennement La Lettre de Causeur, qui me régale, entre autres, des textes de Jean-Paul Brighelli, professeur de lettres au lycée Thiers de Marseille, sur l’école française autrement nommée Education nationale. Le 3 décembre, dans un article intitulé La langue du Quatrième Empire1, l’iconoclaste propose ironiquement des définitions politiquement correctes, dont celle-ci:

Apprenant (subs.): autrefois appelé «élève» par des enseignants réactionnaires, l’apprenant est celui qui enseigne autant qu’il est enseigné. L’usage d’un participe présent marque sa fonction active, alors que le participe passé «enseigné» le contraignait à un rôle passif. L’apprenant ne peut donc pas être jugé (quel mot horrible et colonialement connoté!) selon ses résultats, mais apprécié selon ses espérances – qui sont grandes. La meilleure preuve de la pertinence de cette appellation nouvelle est la réussite sidérante, chaque année plus spectaculaire, aux examens organisés par l’Education nationale. Quand des «élèves» (quelle prétention dans l’idée d’«élever» des enfants comme des plantes vertes ou des vaches!) obtenaient le Bac à 50% il y a quarante ans, les «apprenants» le réussissent à 95% aujourd’hui — preuve ma-thé-ma-ti-que de l’excellence des pédagogies contemporaines, et pas du tout d’une baisse de niveau concertée.

J’espère qu’on me pardonnera de trouver ça drôle.

M. P.

 

1 https://www.causeur.fr/la-langue-du-progressisme-187989.

Thèmes associés: Ecole - Egalité, discriminations - Politique française

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