Editorial

Les pouvoirs publics se préparent donc à payer de nombreux acteurs économiques pour ne rien produire. Ce sont des milliards que les contribuables vont verser aux restaurateurs, aux théâtres, aux organisateurs de concerts, aux clubs sportifs, aux salles de fitness pour qu’ils s’abstiennent de rendre les services que la population attend d’eux.

Disons quelques mots des restaurants, cafés, bars, tea-rooms, que le Conseil fédéral a décidé de fermer. Ce ne sont pas seulement les patrons de ces établissements qui sont pénalisés, pas seulement le personnel salarié qui ne touche que le 80% de son salaire habituel, sans les pourboires (à moins qu'ils n'aient été déclarés au fisc au titre de revenu déterminant, ce qui est rarement le cas), mais c’est évidemment l’ensemble de la population privée des relations sociales indispensables à la vie communautaire.

La situation sanitaire justifie-t-elle des mesures liberticides aussi drastiques? Si j’en crois les statistiques des décès à cause du Covid et celles des hospitalisations en service de réanimation, et non pas les statistiques des personnes infectées, je suis porté à en douter.

Et pendant ce temps, M. Casimir Platzer, président de Gastro Suisse depuis 2014, limite ses revendications à une pleine indemnisation des restaurateurs pour leur permettre d’assumer leurs frais fixes (en restant fermés) et admet que l’an 2021 verra la fermeture de la moitié des établissements.

Il tremble qu’on puisse lui imputer la responsabilité, l’encouragement ou même la sympathie à l’égard du mouvement «Wir machen auf», qui regroupe les restaurateurs qui proposent la désobéissance civile par l’ouverture des établissements.

Au lieu d’aller se prosterner aux pieds de M. Berset pour lui jurer que Gastro Suisse se distancie de ce projet, il serait mieux inspiré de fixer une date de réouverture pour tous les restaurants de toute la Suisse, de garantir pour les établissements dénoncés une assistance juridique gratuite et la prise en charge des amendes éventuelles.

Il me paraît vraisemblable que les mesures décrétées par le Conseil fédéral violent très largement le fameux principe de proportionnalité, qui doit être respecté lorsqu’une mesure de police a pour effet de suspendre des libertés fondamentales. Si un juge a pu estimer qu’une équipe de blaireaux pouvaient se prévaloir d’un état de nécessité pour envahir une succursale du Crédit suisse et y jouer au tennis, à combien plus forte raison un restaurateur menacé de faillite et de ruine pourra-t-il invoquer l’article 34 du Code pénal pour échapper à l’amende?

A l’évidence, le Gouvernement fonctionne en mode panique. Il affirme que le vaccin ne sera pas obligatoire, mais on entend dire parallèlement que les personnes non vaccinées ne pourront peut-être pas rendre visite à leurs vieux parents dans les EMS, ne pourront plus voyager en avion ou même prendre le train.

Et que nous propose-t-on comme vaccin? Pour susciter la réaction immunitaire, on n’utilise pas le virus, mais la double injection d’une séquence d’ARN messager de la protéine Spike, technique vaccinale innovante et – nous dit-on – très prometteuse.

Et qui prétend que cette technique est très prometteuse? Le document produit par la Food and Drug Administration (FDA) sur la base des données fournies par Pfizer et BioNTech, à destination du comité consultatif chargé de se prononcer sur son homologation.

Les personnes vaccinées seront-elles toujours potentiellement contagieuses? On ne sait pas. Seront-elles immunisées pour plusieurs mois, voire plusieurs années? On l’ignore. Pourrait-il apparaître des effets secondaires graves après un mois? Mystère. Les femmes enceintes pourront-elles se faire vacciner? On ne sait pas encore.

En bref, les principaux arguments thérapeutiques positifs relatifs au BNT162b2 sont extraits du prospectus édité par la société allemande de biotechnologie BioNTech et par son développeur le laboratoire américain Pfizer. De la même façon, comme l’affirme sa publicité, L’Or est sans doute le meilleur café du monde.

L’hystérie sanitaire aura démontré que les solutions globales, ordonnées par le Conseil fédéral pour l’ensemble du territoire helvétique, sont totalement inadaptées à la réalité du terrain et que les compétences cantonales doivent être non seulement maintenues, mais renforcées.

Claude Paschoud

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